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Panorama du coworking et des incubateurs dans la Bay Area (blogbus 1/5)

San Francisco est la patrie du coworking, au moins dans la jeune histoire officielle de cette récente organisation du travail. En 2005, Brad Neuberg y crée The Hat factory dans le loft où il habite et l’ouvre la journée à des coworkers. Depuis, ce tiers-lieu a fermé en 2010 et Neuberg a confondé Citizen Space, un des célèbres espaces de coworking de la ville avec Parisoma créé par faberNovel, NextSpace, We Work ou RocketSpace.

Durant le voyage de Zevillage dans la Bay Area, qui s’étend de San Francisco à la Silicon Valley au Sud, nous avons visité plusieurs espaces de coworking et je vous en présenterai quelques uns dans des prochains articles.

The Hat Factory en 2006 (flickr.com/vasta)

Deux choses sont frappantes par rapport aux espaces que nous connaissons en Europe : la taille des lieux et la forte orientation « incubateurs » de ces espaces ; certains comme Rocket Space limitant même l’accès aux start-ups ayant levé leurs premiers fonds!

La taille des tiers-lieux de la Bay Area est la plupart du temps impressionante. A part le Betahaus à Berlin (2 500 m2) ou les Smart Work centers d’Amsterdam (gérés par Spaces), nos espaces européens ont une superficie plus modeste.

We Work est installé dans un immeuble de 7 étages et accueille plusieurs centaines de coworkers, d’entreprises résidentes et de start-up. Parisoma s’étend sur plusieurs centaines de m2. The Hatchery héberge 200 indépendants et 75 entreprises. Quant à RocketSpace, il héberge 100 entreprises !

Contrairement à l’approche française, les coworking et les incubateurs sont souvent des initiatives privées dans lesquelles l’offre du lieu précède l’installation de la communauté de coworkers. RocketSpace ou l’immense PlugAndPlay Techcenter de Sunnyvalle dans la Silicon Valley sont d’abord des opérations immobilières. Et plusieurs de ces tiers-lieux appartiennent à des groupes installés dans plusieurs villes.

Les incubateurs à la papa sont-ils morts ?

L’incubation est une tendance forte de la Silicon Valley dans une période où les grandes entreprises – pas forcément technologiques – semblent peiner à innover et choisissent d’externaliser leur R&D en investissant dans des start-up (acqu-hire, « acquisition-location », est un mot à la mode dans la Bay Area). Pepsi Cola, qui investit 10% du budget « medias digitaux » de son marché américain dans des programmes d’incubation, vient d’ailleurs de monter un partenariat avec le coworking We Work.

Rez-de-chaussée de We Work à San Francisco pour les coworkers de passage.

Ce dynamisme est accompagné par la ville de San Francisco qui favorise l’implantation de start-ups, au détriment même de la proche Silicon Valley. Tout est fait pour les attirer en ville : « Si les talents sont heureux, les entreprises resteront » aime à dire le maire, Ted Lee. On a ainsi vu récemment Pinterest déménager de Palo Alto à San Francisco qui n’est plus juste la ville dortoir de la Silicon Valley.

La ville a même créé une carte interactive pour localiser les start-ups installées en ville : plus de 800.

Espace de réunion au rez-de-chaussée de Rocket Space à San Francisco

Ce mariage coworking-incubateurs existe aussi, mais plus modestement, en France avec le Camping, l’Accélérateur ou la Cuisine du Web. Sur le même mode, Microsoft France prépare l’ouveture d’un espace de coworking dans Paris pour renforcer ses liens avec l’écosystème des développeurs. Le côté informel et flexible du coworking se prête bien au réseautage et à l’innovation. Un contexte indispensable au développement des start-ups.

Alors les incubateurs traditionnels seraient-ils appelés à disparaître ? Jeremy Neuner, cofondateur du coworking NextSpace, donnait l’an dernier son point de vue éclairé dans un article de Deskmag (Is coworking the new incubator ? traduit ici en français) :

 » Le coworking ne remplacera jamais totalement l’incubateur. En fait, les incubateurs font actuellement face à des nouveaux challenges, notamment car beaucoup d’entre eux ont un business model qui repose en grande partie sur des subventions publiques. Et, il est difficile pour eux de valoriser leur efficacité, notamment en terme de résultats quantitatifs, que ce soit en nombre d’emplois créés ou de croissance sur le long terme. Face à ça, les coworkings redéfinissent ce qu’est la création d’emploi justement, en effet, les travailleurs indépendants ont au moins créés un emploi : le leur. Puis, si l’entreprise grandit, les nouveaux postes sont également des emplois créés. »

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A propos de: Xavier de Mazenod

Fondateur de la société Adverbe spécialisée dans la transition numérique des entreprises et éditeur de Zevillage.

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