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1ère étude européenne sur le corpoworking

Lors d’un colloque organisé par HR&D. et LBMG Worklabs qui s’est tenu hier à la BPI, la première étude européenne sur le corpoworking a été dévoilée : Corporate coworking : quelle(s) réalité(s) sur le coworking en entreprise. Un point sur la création d’espaces de coworking par des entreprises, pour leurs salariés et éventuellement pour d’autres publics.

Etude corpoworking HR&D

Nous avons déjà parlé sur Zevillage de ces espaces innovants en entreprise, comme la Villa Bonne-Nouvelle chez Orange ou le Tank chez Spintank, qui se multiplient. Cette étude, réalisée par Blandine Bréchignac de HR&D., étudie pour la première fois ce phénomène émergent.

Après une définition de ces espaces de corpoworking et une précision sur ce que n’est pas le corporate coworking (ni fablab, ni collocation d’entreprises ni espace d’accueil de clients), la méthodologie de la démarche est expliquée : veille, entretiens préalable et séjour de deux journée dans chacun des 6 espaces: en France (Villa Bonne-Nouvelle par Orange et le Tank par Spintank), en Suisse (Le Stand par SIG et BrainGym par Swisscom) et en Allemagne (Modul57 par TUI et AppHaus par SAP). Une fiche pour chaque lieu est ensuite présentée.

« Le coworking d’entreprise est le plus souvent caractérisé par un projet bien défini en amont, explique Blandine Bréchignac, auteure de l’étude. L’espace sans le projet, c’est une coquille vide.  Cela peut être un projet de transformation des modes de travail, généralement en lien avec le digital, ce qui suppose de contourner les processus organisationnels habituels de l’entreprise».

Accompagnement

Tous les dispositifs n’ont pas vocation à être pérennes. Parfois, il s’agit simplement de tester une nouvelle forme de travail ou d’organisation, en mode projet. Ainsi, au sein de la Villa Bonne nouvelle, Orange a installé des équipes projet sélectionnées en interne et a ouvert ses portes à des start-up ou des freelance.

Les équipes ont plus de liberté que dans les espaces de travail classiques, mais ici pas question non plus de laisser les collaborateurs livrés à eux-même. On expérimente, on collecte les retours des salariés, avant de voir si certains aspects peuvent être repris à une autre échelle dans d’autres services. En outre, un feelgood manager, sorte de manager de la qualité de vie au travail, veille notamment à l’accompagnement des équipes dans des modes de travail parfois inédits et radicalement différents.

Démarche très différente, au sein de l’entreprise publique SIG à Genève où environ 100 métiers différents peuvent avoir accès au Stand. « Tous les salariés de SIG peuvent s’y rendre, et des clients ou des partenaires extérieurs sur invitation, indique Vincent Reymond, planificateur immobilier de la société. Mais ici, pas d’occupation permanente ou d’animation sur place. Il faut s’organiser soi même pour aller y travailler. »

Les conclusions de l’observation mettent d’abord en évidence que ces lieux sont bien des tiers-lieux professionnels pour… travailler. Ils ont tout de l’espace de coworking (avec un standing plus élevé toutefois). Y compris dans la démarche de co-conception du lieu avec les utilisateurs pour certains. Ainsi que dans les modèles économiques « bancaux » faisant appel au système D.

Il est intéressant de noter que dans les valeurs observées dans ces lieux, la liberté est un principe important : liberté de fréquenter le lieu, liberté de penser et d’agir autrement que dans les organisations traditionnelles.

Toutefois ces lieux ne s’affranchissent pas des process habituels de l’entreprise (achats, reporting, comptabilité) et de ses normes de travail.

L’étude de HR&D. a également identifié 7 fonctions assignées aux espaces de corpoworking étudiés :

  • lieu de rencontre
  • lieu d’escale
  • lieu de retrait
  • lieu d’ouverture (autres métiers, autres population, autres modes de travail…
  • lieu de liberté et d’expérimentation
  • lieu d’affirmation (identité, légitimité, capacité d’innovation…)
  • lieu tiers, neutre.

En conclusion l’étude sur le corpoworking pose plusieurs questions sur la pérennité de ces lieux, sur leur reproductibilité, sur leur impact sur les usagers, sur les organisations, les modes de travail et les managers. Sans oublier le risque d’instrumentalisation ou d’institutionnalisation.

Phénomène encore marginal, le corpoworking ouvre des pistes d’innovation à observer. C’est la vertu de cette 1ère étude d’avoir posé le cadre de cette observation.

Télécharger l’étude sur le corpoworking

(Avec David Giraud – Fil AFP-Liaisons sociales – Photos : Blandine Bréchignac)

À propos Xavier de Mazenod

Fondateur de la société Adverbe spécialisée dans la transition numérique des entreprises et éditeur de Zevillage.
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