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Hacker houses and co : s’immerger pour mieux créer

Il existe depuis plusieurs années de nouveaux lieux qui mixent hébergement et travail collaboratif : les Hacker houses. Le concept est simple : vous logez à plein temps dans un hébergement collectif qui, en mode jour, se transforme en un lieu de travail orienté collaboratif

Vue depuis le toit du Startup Base Camp San Francisco

Vue depuis le toit du Startup Base Camp San Francisco

L’esprit, dans l’idéal, est à rapprocher de celui du film l’Auberge espagnole, cet appartement de Barcelone où un groupe d’étudiants boursiers Erasmus vit en co-location dans une ambiance et une entraide qui l’assimile pour ces étudiants à une seconde famille.

J’ai testé les hacker houses

Il y a quatre ans lorsque je suis allé À San Francisco j’ai découvert un nouveau mode d’hébergement qui m’est apparu tout de suite comme l’outil idéal pour une immersion accélérée dans l’écosystème californien : le Startup Base Camp.

Start-up base Camp, le bien nommé. En effet, cette grande maison de bois était nichée dans un beau quartier de San Francisco.   Y étaient hébergés environ 25 startupers séjournant en Californie pour des durées allant de quelques jours à quelques mois.

Qu’est ce qu’on y trouve ?

Un hébergement tout d’abord avec des chambres plutôt simples car collectives qui n’étaient pas sans rappeler l’internat pour ceux qui l’ont connu.
Des espaces communs ensuite, avec une grande cuisine ouverte sur un salon propice au repos, au travail, aux rencontres détendues et une cheminée. 
Cette grande pièce, véritable carrefour névralgique de la maison accueillait pêle-mêle repas, séances de travail collaboratif, soirées pitch de projet… Le tout dans une ambiance bienveillante alimentée par les fondateurs du lieu.

Qu’est-ce qu’on y fait et rencontre ?

Je ne suis resté que trois nuits dans ce lieu j’ai compris rapidement tout l’intérêt d’y résider plutôt qu’à l’hôtel par l’apport extrêmement précieux et totalement désintéressé des autres résidents qui m’ont permis le participer, dès ma première soirée, à des événements mémorables auquel je pensais ne jamais pouvoir avoir accès notamment en échangeant avec l’architecte du Campus Facebook alors en projet.

Partager, au salon, une partie de la nuit l’excitation d’un statuper dont le tweet enthousiaste d’un mentor de la Silicon Valley venait de propulser l’application au rang des futures vedettes, avec l’avalanche des demandes d’interview de grands médias… Autant de moments à vivre, de réseaux à construire, d’expériences riches pour l’apprentissage accéléré des rouages de l’écosystème bouillonnant que je découvrais.

Chaque début de soirée était consacrée à écouter les pitch (présentation courtes de concepts, outils, applications par leur porteur) et les évaluer, au bénéfice de pitcheurs toujours en soif de retour d’expérience.

La bienveillance en une maison, une « famille » temporaire et des amis, pour certain, pour longtemps.

Et en France ?

Peu nombreuses encore en France les Hacker Houses répondent à un objectif : créer le lieu de vie et de travail temporaire pour faciliter l’innovation dans un contexte positif et favorable.

Le lieu regroupe donc l’hébergement classique et un espace collectif de travail. Il permet généralement l’immersion collective propice à l’accélération de projets.

Once, l’application de rencontre a notamment été accélérée grâce à 6 mois passés dans la hacker house créée pour l’occasion dans une maison de Fougère en Bretagne. La Hacker House a donc été un moyen temporaire d’accélération par l’immersion en un lieu unique de l’équipe de développement.

Deux Hacker Houses à suivre : Seed Up, à Châtenay-Malabry (que Zevillage a visité en août 2016, voir le diaporama ci-dessus) qui regroupe, sous un même toit, une dizaine de développeurs informatiques aux compétences et niveaux d’expérience différents qui mettent leurs compétences en commun au service de clients de Seed Up (ces prestations leurs donnent une sécurité financière) et travaillent chacun, en parallèle, sur leur projet de création de startup, le tout bien entendu en utilisant les compétences des autres.

Economie de loyer en co-location, apprentissage accéléré via les partages constants d’expériences et les projets menés au titre de SeedUp et enfin, écosystème propice à la création de sa propre startup.

Une seconde Hacker House avec la HacherHouseParis ; en fait deux hacker Houses aujourd’hui, l’une à Paris 19e et la seconde à Ivry-sur-Seine. Des appartements où, pour Ivry/Seine par exemple, peuvent loger pour 550 euros/mois 10 startupers dans des chambres collectives. Dans ce cas la démarche est plutôt assimilée à un lieu propice à l’apprentissage et à l’accélération de projets de création de startups qu’à des lieux de hacking proprement dit.

Pour comprendre, s’il fallait le résumer en une phrase, l’état d’esprit des hacker Houses, la « promesse » de Startup Embassy l’une des 1ères hacker houses californiennes implantée à Palo Alto :  » We’re entrepreneurs just like you. We started Startup Embassy in 2012 to help entrepreneurs arriving to Silicon Valley to find a family of like-minded individuals « .

Et demain… des Hacker Houses rurales ?

À propos Loïc RICHER

Consultant associé Adverbe éditeur de ZeVillage.net, Je suis spécialiste du développement territorial agile. #Communautés #coWorking #innovation #pépinières #Accélérateur #MéthodesAgiles Fondateur pour la CCI Le Mans de la Ruche Numérique, Membre du CA des Femmes du Digital Ouest et de l'asso Agile Le Mans.

4 plusieurs commentaires

  1. Je trouve l’idée géniale franchement. Encore mieux que les espaces de coworking. Le gros avantage ici est l’immersion, rien de tel pour progresser à vitesse grand V. Surtout que les métiers du web sont très enrichissants je trouve et on a souvent besoin d’échanger pour évoluer.

    • Je suis bien d’accord Sebastien. La dimension apprentissage des environnements collaboratifs est souvent passée en second plan quand pourtant elle est assez centrale. Apprentissage technique, apprentissage de l’entrepreneuriat, apprentissage de la gestion de projets collaborative… Merci pour le commentaire ! 😉 Loïc

  2. Vandenberghe François

    Ce serait chouette en milieu rural, par exemple : ensemble dans le même village ou un corps de ferme. Par contre les dortoirs, non merci.

    • J’avoue que les dortoirs c’est un peu dur mais d’un autre côté l’ambiance est très conviviale. C’est vrai qu’un bâtiment de village, un ensemble de maisons retapées, ça créerait une dynamique assez unique. Ce serait la préfiguration des futurs des quartiers d’affaires …? Pourquoi pas ?

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