Interdire le télétravail permettrait donc d’enrayer efficacement – et très vite – la Crise (avec un C majuscule). Ce serait plus efficace que de gaspiller l’argent public versé à des banques qui n’en ont pas besoin ou qui sont des canards boiteux de toute façon déjà condamnés.

Un petit projet de loi suffirait. Il devrait même pouvoir être voté en urgence, l’ambiance étant aux textes répressifs. Une procédure exceptionnelle pourrait même être mise en oeuvre si nécessaire tant les enjeux sont importants.

Les bénéfices de l’interdiction du télétravail

C’est très surprenant que personne n’y ait encore pensé : le télétravail plombe l’économie. Je m’explique, vous comprendrez vite, l’économie c’est simple.

Télétravailler est un non sens. C’est un mode d’organisation qui réduit fortement notre consommation.

Voici une esquisse de tous les postes qui pourraient profiter d’une interdiction du télétravail. Je compte sur vous pour m’aider à la compléter :

  • automobile – c’est évident que le télétravail diminue les déplacements et donc l’achat de véhicules neufs
  • carburants
  • concessionnaires d’autoroutes
  • recettes de l’Etat – l’Etat engrangerait directement des rentrées supplémentaires avec l’augmentation de la taxe sur les produits pétroliers et des contraventions (plus de voitures c’est plus de contravention, surtout que le stationnement sera plus difficile)
  • consommables automobiles (sauvons Michelin)
  • garagistes
  • loueurs de salles
  • secteur du bâtiment – moins de télétravail, c’est plus de bureaux
  • SNCF – plus de déplacements en perspective c’est plus d’investissements et d’abonnements
  • compagnies aériennes
  • voyagistes et agences de voyage
  • hôtellerie
  • restauration
  • industrie pharmaceutique – plus de déplacements, plus d’encombrements, c’est plus de stress, c’est plus d’anti-dépresseurs
  • fonction publique – pour traquer le télétravail clandestin et gérer le surcroît de trafic automobile il va bien falloir recruter massivement
  • syndicats – être sur place c’est quand même plus simple pour les manifs.

Il est bien évident que la relance serait immédiate. Et comme tout le monde serait bien fatigué par ces déplacements supplémentaires, par le plein emploi enfin revenu, le tourisme ne tarderait pas à connaître de très beaux jours avec les vacances bien méritées. Surtout que le pouvoir d’achat reviendra dès le télétravail disparu.

Au revoir la crise

Des bénéfices supplémentaires pour l’Etat pourraient également provenir de surtaxes visant toutes les entreprises facilitant le télétravail. Pas question d’interdire Google, Skype ou Microsoft, nous sommes dans un pays libre. Taxons-les, en plus elle sont pour la plupart étrangères : on fera d’une pierre deux coups pour la balance du commerce extérieur.

Enfin, l’augmentation de tous ces déplacements engendrerait un accroissement de la pollution. Une aubaine pour la recherche et pour les green tech mais aussi pour tout le secteur médical obligé de prendre en charge le surcroît de maladies liées à l’environnement.

Une conclusion s’impose : je me suis trompé trop longtemps et je vous demande pardon, amis lecteurs, pour vous avoir entraînés dans cette voie criminelle du télétravail.

Dès lundi, je prends rendez-vous avec mon banquier pour demander un crédit et je commande une grosse cylindrée. Il faut savoir reconnaître ces erreurs et faire quelques sacrifices pour une cause nationale.