Dossier de Derek Perrotte sur le télétravail dans les Echos de ce jour :

” Révolution longtemps annoncée, le télétravail est une tendance de fond qui se développe lentement en France, sous la pression des salariés et grâce aux technologies favorables à la « mobilité ». Le 4 mai, les partenaires sociaux ont, enfin, ouvert des négociations pour en définir le cadre juridique et pratique. Mais les entreprises rechignent encore à s’y adapter.
Le télétravail s’effectue beaucoup plus souvent en « mobilité » qu’à domicile. “

Une révélation dans ce dossier bien fait : sur les 7 % de salariés télétravailleurs, 5% sont des nomades. ” Cadres et ingénieurs sont les premiers télétravailleurs. 20,1 % d’entre eux travaillent en « nomades », 3,7 % de façon fixe à domicile, 6 % de façon alternée.” Un constat qui pourrait bien favoriser le développement des télécentres :

” Dans d’autres coins de France, cependant, une dizaine de télécentres isolés, souvent portés par des élus locaux, sont apparus depuis, comme à Villars-de-Lans (Isère) et près de Toulouse. Mais ils vivotent difficilement ou se reconvertissent en centres d’appels. L’affaire semble donc entendue. Jusqu’à ce que le gouvernement ressorte l’idée. Début 2005, la Datar lance un appel à projets afin « d’aider à la création, d’ici à 2007, d’au moins 1.000 postes de télétravail dans 100 télécentres » pour « développer des emplois dans les zones rurales et enclavées ». Nombre de collectivités et d’acteurs régionaux sont séduits. La preuve ? 35 dossiers sont déjà arrivés. Parmi eux, celui de la Fondation Sophia-Antipolis, qui veut créer 7 télécentres dans l’arrière-pays niçois. Ou celui, plus étonnant, des 80 télétravailleurs – graphistes, informaticiens, designers, etc. – de l’association Zevillage, qui souhaitent s’implanter à Essay (400 habitants), dans l’Orne. La Datar compte sur les « rurbains », ces travailleurs souvent très qualifiés et soucieux de quitter la furia citadine pour la quiétude rurale. « 900.000 personnes affirment y aspirer, le télétravail pourrait leur permettre de franchir le pas», commente Alain Ducass, responsable du projet à la Datar.”