Comment un territoire peut-il anticiper les changements du monde du travail et promouvoir le télétravail ? Le Finistère s’y est attelé avec son forum sur le télétravail qui rassemblait à Brest des agents du conseil général et des élus, des entreprises, des étudiants et des télétravailleurs.

J’ai participé dans ce forum à la session organisée par les étudiants du Deust-Tmic qui abordait les thèmes de l’aménagement du territoire et des besoins des télétravailleurs.

Une session bien rythmée avec des témoignages à distance de Bernard Delcros (président de la CC du pays de Murat, dans le Cantal) qui a annoncé la création d’un nouveau télécentre « vitrine du télétravail » car l’actuel est en sous-capacité et d’une résidence pour télétravailleurs (mise à disposition d’un logement gratuit temporaire).

La directrice de la communauté de communes, Corinne Ibarra, a détaillé le fonctionnement actuel du tiers-lieu de Murat et son articulation avec les formations au télétravail.

Deux élus Bretons, Valérie Poilâne-Tabard, maire de Laurenan dans les Côtes d’Armor, et Francois Vezie, adjoint au maire et élu communautaire de Louvigné-du-Désert (Ille-et-Vilaine) ont témoigné de leur côté des difficultés rencontrées avec leurs collègues pour monter leurs projets de télécentres. Une incompréhension des enjeux qui retarde et complique leurs entreprises.

Véronique Lunven, de la Mission développement durable de Brest métropole océane, a présenté l’état de la préparation d’un Plan climat dans lequel le développement du télétravail n’est pour l’instant pas envisagé pour réduire les déplacements dans l’agglomération bretonne qui privilégie le covoiturage et le “report modal” vers les transports en commun. Toutefois, la vilelr econnaît qu’une politique de développement du télétravail aurait tout son sens dans une optique de développement économique/développement de la qualité de vie.

Le conseil général du Finistère (qui avait tenu le matin une réunion « télétravail » pour ses agents au même endroit) est venu parler de son implication dans le travail à distance. D’abord pour présenter le schéma directeur d’aménagement numérique : pas de télétravail sans infrastructures.

Le télétravail bouleverse l’organisation du travail

Gwenola Martin, directrice général adjointe, a fait le point sur le programme télétravail des agents du conseil général, soit aujourd’hui 81 expérimentateurs de 10 Directions (sur 4000 personnes). La satisfaction étant générale, la collectivité à décidé de développer l’expérience. Pour une durée moyenne de 2-3 jours par semaine, avec un maximum de 13 jours par mois.

A l’origine le plan a été lancé avec une motivation d’économie de déplacements puis il a évolué avec une approche actuelle de qualité de vie. Gwenola Martin a même affirmé que le projet était en train de révéler un bouleversement du management.

Rappelons que le CG 29 est l’un des 3 département pionnier dans ce domaine avec l’Orne et le Puy-de-Dôme.

Enfin, la dernière partie de la journée était consacrée à des témoignages de télétravailleurs (3 indépendants et 1 salarié) et à celui de l’animatrice du réseau Entreprendre au féminin. Des témoins particulièrement bien choisis car ils avaient du recul et une réflexion sur leur organisation de travail (dont Karen iterrogée la veille par Ouest-France). Avec un enthousiasme que n’entame pas leur lucidité puisqu’ils analysent parfaitement les difficultés et les risques de leur condition. Tout en affirmant unanimement, avec véhémence, ne pas vouloir revenir à leur statut précédent de salarié auto-boulot-dodo !

La journée s’est conclue sur le projet de création d’une association de télétravailleurs finistériens (voire bretons). Si vous êtes intéressés, vous pouvez contacter les porteurs de projet sur le site du forum où seront prochainement publiés les vidéos des interventions.