Est-il interdit de parler de vin sur un blog ? C’est ce dont s’inquiète Guillaume sur Vins de Loire à la suite de condamnations obtenues sur plaintes de l’ANPAA, l’Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie.

Entre faire l’apologie de l’alcoolisme et parler du vin, ce produit du terroir, pivot de la gastronomie et de la culture française, il existe une petite nuance, non ?

Comment défendre le vin, alors que la protection de la jeunesse est mise en avant pour justifier ces condamnations. Pourtant, les jeunes qui s’alcoolisent le week-end se “bourrent-t-ils la gueule” au vin ? Il me semble que c’est plutôt avec de la bière ou avec des alcools industriels.

Vins de Loire a donc raison de s’alarmer car on assiste, en effet, depuis quelques années, à une dérive hygiéniste aussi stupide qu’inappropriée. Cela commence par des amalgames douteux entre le tabac, les drogues douces et le vin.

Amalgame car, si le tabac ou la marijuana sont toxiques dès la première bouffée, le vin n’est toxique que s’il est consommé en trop grande quantité. Certains médecins lui ont même trouvé des vertus thérapeutiques à doses raisonnables. Et si l’ANPAA écrit que ” l’acoolisation commence avec le premier verre”, est-il honnête de lier le p’tit coup de rouge raisonnable, la cirrhose, le delirium tremens, le suicide et l’accident de voiture ?

Amalgame encore car un verre ou deux de vin consommés dans un repas n’entraînent pas automatiquement d’accoutumance ni d’addiction.

Bien sûr que le l’abus de vin peut être dangereux pour la santé. Evidemment qu’il est criminel de prendre le volant après avoir bu trop de vin. Et je sais bien que l’alcoolisme est un fléau. Aucun esprit sensé ne dira le contraire.

Mais les abus hygiénistes des ligues de vertus modernes et leurs méthodes répressives commencent à nous chauffer les oreilles. Beaucoup plus qu’un petit verre de vin.

Et si, en plus, ils laissent aller trop loin leurs pulsions liberticides, nous pourrions bien nous fâcher. Tout rouge.

(Photo de JahoVil)