En avril 2020, Maxime Barbier lance Timeleft, un réseau social dédié à la réalisation de nos rêves. Il venait de passer six mois à voyager pour, lui-même, réaliser une partie de ses rêves.
Ce multi-entrepreneur n’aura pas eu le temps de prendre beaucoup de vacances. Fin 2019, il se faisait débarquer par son associé TF1 de Minute Buzz, le fameux site Web qu’il avait créé en 2010.
Depuis, il a changé de vie et sa vision d’entrepreneur sur l’entreprise, le télétravail, le travail nomade et sur les freelances a changé. Et ses priorités dans la vie aussi.

 

Zevillage : Maxime, fin 2019, tu étais viré, c’est le mot, brutalement par ton actionnaire TF1 dans Minute Buzz que tu avais créé dix ans auparavant. Est-ce que tu peux nous raconter ce qui s’est passé?

Maxime Barbier : Cela aurait presque fait fait dix ans, effectivement. Minute Buzz, le blog a vu le jour en février 2010 et la société a été créée en novembre 2010. J’ai dû quitter l’aventure en octobre 2019, donc on n’était pas loin des 10 ans. En gros, pour faire très simple, Minute buzz a été a été acquis par le groupe TF1 en deux temps. Une moitié en décembre 2016 et l’autre moitié devait se faire dans l’année 2020. Les histoires ont fait que le départ a été précipité plus tôt que prévu. J’ai dû quitter l’aventure un peu du jour au lendemain, en octobre. Cela a été quelque chose d’assez inattendu et j’ai laissé l’aventure aux mains de TF1 de manière complète en l’espace de quelques jours, en fin d’année dernière.

Zevillage : Chez Minute buzz, tu avais une vision complètement différente. Tu avais plus de 80 salariés, tu étais sous pression en permanence, c’était peut-être même un système de vie, tu ne voulais pas de télétravail. Tu étais à fond dans l’ancien Monde alors ?

Oui, en y réfléchissant, c’est assez vrai. Quand je prends du recul et que regarde comment j’étais il y a encore un an de ça, je ne sais pas si c’était l’ancien monde mais n tout cas, c’est assez assez bluffant la différence entre aujourd’hui et il y a un an. Mais oui, à l’époque, c’était travailler dur, travailler tout le temps, à quoi servent les week-ends, 80 salariés, Beaucoup d’emails, beaucoup de réunions, beaucoup de pression.

J’étais aussi parti dans cette vision, un peu cliché, de l’entrepreneur parisien qui est un peu dopé à avoir plein de salariés, avoir l’énorme logo de sa boîte sur le mur quand tu arrives dans les locaux, d’avoir tout le monde en interne plutôt qu’en télétravail. Après, c’était aussi avant la Covid. Je pense que la Covid a aidé à faire réaliser aux gens que le télétravail, c’est pas non plus une plaie en soi. Mais oui, j’étais dans ce modèle là. Tout à fait.

Zevillage : C’était passionnant quand même où tu subissais ?

M.B. : Même si cela s’est fini un peu précipitamment, Minute Buzz est la plus belle aventure que j’ai vécu à date. C’est un chapitre de dix ans et surtout un chapitre que j’ai vécu du début à la fin, soudé avec mon associée Laure Lefevre. Elle a dîné avec moi hier, à la maison, par exemple. On a vécu une belle aventure qui s’est finie, peut-être pas comme on le voulait, mais qui pour nous, en tout cas, c’est bien finie. Et puis surtout, s’est finie juste avant une période compliquée, la période de Covid où je pense qu’après la tête d’un média, dans cette période-là, ce n’est la chose la plus simple.

J’ai énormément appris. Surtout que j’ai été formé au lean management pendant quatre ans avec Régis Médina, qui est pour moi une des plus belles formations que j’ai pu recevoir. J’ai appris énormément de choses. J’ai remonté une nouvelle société et je suis dans un chemin qui est assez opposé. Non pas en dégoût de ce que j’ai pu faire avant, mais je pense plutôt en ayant appris des leçons et en ayant grandi sur d’autres sujets, qui font juste que je veux aller dans un dans un autre mode, qui est plutôt nomade, si possible sans salarié.

Là, je pars plutôt sur une plateforme techno, alors qu’avant, j’étais plutôt sur de la production de contenu. On avait des studios, on avait beaucoup de gens et beaucoup d’humains pour produire ce qu’on faisait. Là, je vais plutôt aller vers un modèle un peu plus scalable, plus léger.

Zevillage : On va en reparler justement. On va revenir à ton départ de Minute Buzz. Tu te retrouves brutalement sans activité du jour au lendemain. Tu n’en n’a pas profité pour prendre une année sabbatique, ‘et j’ai lu que tu n’avais pas pu t’empêcher de recréer presque immédiatement une entreprise.

M.B. : Il y a eu 4 mois, 5, 6 mois. En gros, mi-octobre l’aventure s’arrête. Là, petite crise de panique je t’avoue, une sorte de peur du vide parce qu’un lundi matin, j’étais chez moi dans le salon et je prends mon café. Je me dis je n’ai plus d’emails, plus de rendez-vous, plus de problèmes, plus de salariés, plus rien. Je n’étais peut-être pas préparé, je savais que ce jour allait arriver. J’allais quitter l’aventure parce que c’était acté, mais je ne pensais pas que ça allait arriver aussi tôt. Donc, pris un peu de panique par rapport à ça, je me suis demandé OK, qu’est ce que je veux faire ?

Je me suis aussi rendu compte que quand tu es entrepreneur tu es quand même pas mal identifié à ton projet, c’est-à-dire qu’en gros tu es le fondateur de quelque chose. C’est un statut social, quelque part, et cela te donne aussi une constance dans tes journées. Là, on t’enlève tout ça.

Le premier réflexe que j’ai eu, c’est vite, vite, vite il faut remonter quelque chose. Sauf qu’en fait, je pense que c’est une très mauvaise idée. Et heureusement, ce n’est pas ce que j’ai fait. Surtout que tu es appelé et courtisé par les gens du milieu dans lequel tu travailles. Ils savent que tu es disponible, tu as des concurrents qui t’appellent, tu as des gens qui te proposent de remonter exactement la même chose que ce que tu viens de quitter.

Même avec Laure on se voyait tous les jours, on se dit OK, qu’est ce qu’on fait ? C’est d’ailleurs un conseil que je donne à tout entrepreneur. Nous, on était mandataire social, donc on n’avait pas de chômage. Donc aussi d’un coup zéro rentrée d’argent, même si on avait un peu d’argent de côté. C’est quelque chose qui peut stresser.

Beaucoup de panique sur les jours qui viennent. Puis on devait aussi gérer un peu comme l’histoire qui s’est passée avec TF1. Et là, il y a quelque chose, un premier maillon, qui m’a mis dans la direction dans laquelle je suis, c’est qu’une personne qui s’appelle Raphaël, m’a proposé de prendre un déjeuner avec elle.

Je ne la connaissais pas et j’étais à deux doigts de refuser. Puis je me suis rendu compte qu’en fait je n’avais à faire mes journées, donc j’ai accepté. J’ai rencontré un inconnu. Et ça s’est super bien passé. Et à partir de là, je me suis dit qu’il fallait que rencontre le plus de gens possible et donc c’est ce que j’ai fait.

J’ai fait un post sur les réseaux sociaux en disant Je suis OK pour rencontrer les 100 premières personnes qui me demanderont même si je ne vous connais pas. J’ai rencontré 45 inconnus avant de partir en Australie et ces cafés m’ont vraiment aidé et m’ont mis dans le chemin en me disant OK, détends-toi, prends ton temps, prend ce temps pour toi. Ils m’ont fait réaliser que j’avais oublié que j’avais des rêves en moi. Cela m’a permis de me reconnecter à mes rêves.

Je n’ai pas pris une année sabbatique en tant que telle, mais en tout cas, j’ai fait une liste de 100 rêves que je voulais accomplir avant de mourir. Et comme je ne sais pas quand je vais mourir, j’ai décidé de tous les faire en 2020. En tout cas, l’année 2020 a commencé avec cette idée de prendre du temps pour moi et de réaliser des rêves pour m’aider à mieux me connaître et à apprendre des choses. Donc, je suis parti en Australie pendant six mois, juste après Noël.

Zevillage : Tu n’as pas vécu le confinement en France ?

M.B. : Non, j’ai vécu le confinement, enfin la pandémie en Australie, qui était pour le coup beaucoup, beaucoup plus souple. En gros, jusqu’à mon retour en Europe, pour prendre l’avion, je n’avais pas mis de masque. On pouvait sortir dans la rue, on pouvait faire du sport. Il faisait 30 degrés, il y avait à la plage. J’ai plutôt été chanceux sur ce coup-là.

Zevillage : Et alors, tu e a tiré quoi de ces 100 idées ? Tu viens de dire que tu voulais les mettre en oeuvre en 2020 ? Mais est ce que cela t a donné des idées, qu’est-ce que cela a produit ?

M.B. : Ben oui, parce qu’au final, ma nouvelle boîte, on en parlera peut-être après, qui s’appelle Timeleft, est une plateforme qui aide les gens à réaliser leurs rêves. Elle est née en fait de cette aventure dont je suis à la moitié. Donc j’ai réalisé 42 rêves sur mes 100 rêves.

C’est génial ce qui se passe autour de cette bucket list. J’ai consacré quasiment tout mon temps et mon énergie depuis le début d’année à réaliser des rêves et ça m’a appris énormément sur moi. J’ai vraiment changé entre il y a un an et maintenant, même mes amis proches me le disent, le changement sera assez incroyable. Après, j’ai fait des trucs assez forts comme Vipassana qui est une retraite en silence pendant 10 jours où tu ne parles à personne, tu ne regardes personne, où tu es juste concentré sur toi-même.

Moi qui n’avait jamais vraiment voyagé, j’ai fait le tour de la Nouvelle-Zélande tout seul à vélo. J’ai fait un combat de boxe, j’ai appris à nager et j’ai fait un double triathlon olympique il y a deux mois.

Donc c’est à la fois une aventure, comme on peut l’imaginer, mais c’est surtout une aventure à l’intérieur de moi-même. J’ai appris sur moi. J’ai vaincu aussi des peurs, que ça soit la peur de me battre en montant sur un ring de boxe, mais aussi la peur d’être seul. J’avais pendant longtemps, j’ai toujours eu peur d’être seul et ce besoin d’avoir tout le temps de l’activité autour de moi. Et maintenant, c’est quelque chose qui s’est corrigé avec Vipassana ou mes voyages.

Donc voilà, c’est une très belle aventure que j’espère continuer, que je vais continuer jusqu’en 2021 parce que c’était un peu ambitieux de dire que mes 100 rêves je les ferai cette année.

Et puis, au fur et à mesure cela m’a mis sur le chemin de créer une nouvelle boîte qui à la base était un petit prototype qu’on a mis en ligne qui, au final, a eu un gros écho lors du confinement en avril avec les Français. Et donc, on a transformé en une startup qu’on vient de financer avec une nouvelle version qui devrait sortir là, en décembre.

Zevillage : Tu parlais tout à l’heure de lean management. C’est cela ta démarche, tu testes, tu apprends, test and learn, test and fail ?

M.B. : le lean c’est la plus belle chose que j’ai appris en termes de développement personnel. C’est une approche et un mindset dédiée au monde de l’entreprise. C’est comment gérer une entreprise, comment s’assurer d’aligner tous ses salariés sur ce qu’on cherche à réussir. C’est vraiment quelque chose de très, très fort. En tout cas, moi, j’ai vraiment l’impression que être entrepreneur., pour moi, c’est le lean qui m’a appris à être entrepreneur.

Et en fait j’ai, sans m’en rendre compte, appliqué le lean aussi à ma vie privée. Donc, en gros, je me suis dit OK, j’ai une liste de 100 rêves que j’aimerais faire. Donc cela, c’est un peu la performance et l’objectif. Comment se décompose cela ? Comment je m’assure d’aller dans la bonne direction? Comment je visualise les problèmes et les obstacles, comment je met en place des idées nouvelles. J’en ai fait une méthode pour réaliser les rêves qui s’appelle How to achieve everything without motivation .

En fait, le lean a vraiment déteint sur ma vie au sens large. De base, j’étais quelqu’un qui aimait beaucoup la data. J’ai toujours été fasciné par cette capacité qu’on peut maintenant avoir à créer de la data sur soi-même. Je track beaucoup de choses qui me permettent de rendre mesurable mon sommeil, ma nutrition, toutes ces choses-là. Mais le lean a été quelque chose qui a vraiment changé ma vie.

Zevillage : La nouvelle société que tu en tire ou que tu es en train de créer, elle va proposer quoi ?

M.B. Elle s’appelle Timeleft. Parce que si vous suivez sur les réseaux, vous savez que pour moi la mort n’est pas un sujet tabou. Quand j’ai eu 30 ans, je me suis rendu compte qu’il me restait 650 mois à vivre. Cela peut paraître anxiogène. Mais ce sont des maths : si tu vis jusqu’à 90 ans, qui est d’ailleurs un record, parce qu’on oublie souvent que l’espérance de vie des Français est de 80 ans, déjà tu ajoutes 12% de plus. Mais en gros, 90 ans, tu as 30 ans, il te reste 660 mois. De toute cette notion du temps qui passe, de que tu veux faire du temps qui te reste, est né ce nom là Timeleft.

L’idée, c’est d’aider les gens à, dans un premier temps, les aider à avoir de l’inspiration. C’était une plateforme pour créer rapidement ta liste de rêve. Tu allais sur la plateforme et tu pouvais voir les rêves des autres. En quelques clics, tu pouvais générer quand même ta propre liste et la partager sur tes réseaux. On a lancé cela en mode prototype, juste fait une petite page comme ça pour voir s’il y avait une demande sur le marché.

On a eu 2500 rêves qui ont été soumis en l’espace de quelques jours. On s’est dit OK, il y a quelque chose à faire. Et là, on est en train de sortir une nouvelle version qui va sortir en décembre et qui sera plutôt axée sur mettre en relation ceux qui ont des rêves et ceux qui sont déjà réalisés. De mon expérience, à chaque fois que je souhaite réaliser un rêve comme l’ascension du mont Blanc, par exemple, c’est vrai que parler à quelqu’un qu’il a déjà fait permet de se rendre compte que c’est possible. Et surtout, cela permet de définir en fait les étapes entre le moment T et le moment où tu veux réaliser ton rêve. Donc, on va essayer de faire cela. Timeleft est donc une plateforme de mise en relation entre ceux qui ont des rêves et ceux qui les ont déjà réalisés.

Zevillage : Le modèle économique, c’est quoi ?

Pour l’instant, il n’y a pas de modèle économique. On est autofinancé avec mon associé. On s’est dit qu’on se donnerait une bonne année pour construire le produit. On a des pistes, évidemment, de business model, mais pour l’instant, on a déjà essayé de se concentrer sur faire un beau produit et générer de l’engagement. Et dans un deuxième temps, on se focalisera sur le business model. On a la chance de pouvoir, en tout cas, réfléchir dans ce sens-là.

Zevillage : Tu n’as pas peur d’être aspiré dans une nouvelle entreprise comme Minute Buzz et de te retrouver avec 80 salariés ?

M.B. : Mon associé était un ancien collaborateur à moi sur Minute Buzz.. Donc, on a tous les deux vécu depuis trois ans l’aventure. Donc on est assez au fait de ce qu’on cherche à éviter, en tout cas. On es tous les deux nomades.

Zevillage : Vous êtes vaccinés ?

M.B. ; Oui on est vacciné et surtout, on est tous les deux nomades et je pense qu’on a vraiment pris goût à ça. Lui voyage aussi avec sa copine de son côté. Moi, je voyage aussi. On s’est posés et on a défini en fait des pré-requis à l’idée de s’associer ensemble. On s’est dit qu’on voulait rester nomades, que ce qui était important c’était de pouvoir être agiles, de ne pas avoir de salariés. On a mis des petites conditions en place qu’on va essayer de garder. Après, on était parti sur une solution en No code on a tout développé nous-mêmes. On s’est dit OK, génial ! Et là, on est en train de passer avec un langage React Native, un langage techno, donc on fait appel à une agence, on a un CTO freelance. Donc, d’un coup, voilà, il y a des choses qui changent.

Mais, en tout cas, non, je n’ai pas du tout envie de revenir sur le modèle d’avant. Je préfère plutôt avoir une boîte ou on est deux-trois avec des freelances qui nous accompagnent et rester nomades, pouvoir vivre à Lisbonne, à Paris, je ne sais pas où. Et avoir plutôt une plateforme techno et grandir doucement. Mais pouvoir rester libre et léger.

Zevillage : Justement, en ce moment tu es installé au Portugal, où tu as monté un coliving de freelances. Est-ce que c’est là aussi un nouveau business comme on en voit en Californie, par exemple, où c’est simplement une envie de nomadisme avec d’autres ?

M.B. : Je me déplace depuis un an maintenant. Je trouve que le terme digital nomad est un peu utilisé à toutes les sauces. Je ne suis pas sûr qu’il veuille trop dire quelque chose.

C’est juste que je me déplace depuis un moment et que je ne trouvais pas quelque chose qui me correspondait, à savoir vivre dans un endroit sympa, avec pas trop de monde et plutôt des gens qui partagent un peu le même mindset. En tant que digital nomad, les que je trouvais étaient un peu cheap, backpacker étudiants. Ou alors c’était sympa, mais c’est 15 dans une maison. En fait c’est un peu le bordel…

Donc je me suis Maxime crée ce que t’as envie toi de voir. J’ai loué une maison, une grande maison à Faro, dans le sud du Portugal, début septembre. J’ai pris le risque financier. Je me suis dit on va voir s’il y a des gens qui veulent me suivre dans l’aventure. Et plein de gens sont venus et ont était chaque fois à 4, 5, 6, on partageait les mêmes valeurs, on travaillait la journée, puis on faisait plein d’activités le soir. Je trouvais cela trop sympa. Cela me permettait moi de vivre dans une maison magnifique et de pouvoir rencontrer des gens. Et donc, c’est ce que j’ai fait en septembre.

En octobre, je me suis dit On va conceptualiser un peu, parce que j’aime des concepts. J’ai créé un nom qui s’appelle Nomad Shack et j’ai fait un petit Instagram pour documenter un peu ce qu’on faisait dans la maison. Et en fait, le buzz a pris un peu autour de moi sur les gens qui me connaissent. Et donc, on a fait 5 semaines à Azeitão, à une heure de Lisbonne. Et là, on s’est rapproché de Lisbonne, on est revenu sur 5 semaines à Trafaria dans un petit village de pêcheurs. Le concept est top, là je suis avec trois personnes, on s’entend trop bien et on a fait un grand dîner tous ensemble. On est tous entrepreneurs, en train de monter nos projets. Super énergie et c’est quelque chose que je continue jusqu’à Noël. Et après, je sais pas, mais je me vois bien faire cela encore une petite année.

Zevillage : Mais de là à monter un business… ?

M.B. : Non, non. Mais Il y a eu une vision business pendant un moment mais cela m’a vite déchauffé car c’est énormément de temps, cela prend beaucoup d’énergie, il faut gérer les gens, il y a une charge mentale aussi. A chaque fois que quelqu’un vient, il te pose la même question. Et puis quand tu changes de maison aussi c’est assez fatigant. Mais voilà, le jeu en vaut la chandelle dans le sens où on vit dans des maisons incroyables pour des loyers dérisoires, c’est quand même plutôt cool. Mais de là à en faire un business, non, pas du tout, ce n’est pas ma vocation. Je le fais vraiment pour le côté fun.

Zevillage : De ton changement de vie forcé, tu as tiré une forme de simplicité, de vie, de souci de bien-être que tu n’avais pas du tout auparavant, surtout comme tu le racontes, avant Minute Buzz tu travaillais dans le monde de la nuit, c’était encore pire comme vie. Maintenant, tu partages volontiers dans ta newsletter ces conseils de bien-être, de qualité de vie. Là aussi, c’est un business à venir ou c’est juste l’envie de partager ?

M.B. : Je suis dans le troisième chapitre de ma vie d’adulte. Les sept premières années de ma vie je les ai travaillées dans le monde de la nuit, donc tout ce qu’il y a de plus cliché. Je me couchais à 7 heures du mat tous les jours, je buvais tous les jours, non pas une hygiène de vie. Maintenant, quand je réaliser cela, je me dis Wahou, quel chemin !

Après il y a eu l’époque Minute Buzz. Pendant dix ans dopé au travail. J’ai toujours eu beaucoup de sport qui me permet d’être assez équilibré et de compenser un peu mes excès. Mais là, il y a un an, j’ai fait ce chemin de développement personnel, mais vraiment axé sur le côté spirituel, nutritionnel qui me fascine. Et oui, j’ai vraiment changé et, en fait, j’ai découvert des choses qui, pour moi, me semblent importantes.

Par exemple la nutrition. J’ai découvert à quel point on ne savait rien et à quel point ce qu’on mange chaque jour peut nous tuer à petit feu. C’est des trucs qui, pour moi, me semblent important de pouvoir partager. En ce moment j’ai un peu de temps, donc je prends plaisir à documenter tout cela.

Et typiquement là, j’ai une amie très proche qui a vraiment besoin de perdre du poids et qui a tout essayé. J’ai décidé de l’aider. Puis, de fil en aiguille, j’ai créé une petite méthode sur Excel pour rendre mesurable, en fait, sa nutrition. Je me suis dit Pourquoi pas le partager au plus grand nombre. J’en ai fait une newsletter et on a un petit prototype. Et, au final, on a une centaine de personnes qui sont en train de suivre la méthode.

Donc, je teste des trucs. Après, j’ai la chance de pouvoir attendre un peu avant d’être stressé à l’idée de gagner de l’argent, mais pour l’instant, je teste des choses qui me font plaisir, je les mets en place et puis je vois ce que cela donne. Timeleft est devenu une startup et cela va être mon business principal. Cela, c’est vraiment le truc qui m’anime le plus au monde. Après, à côté de ça, j’aime bien créer des petits trucs parce que c’est sympa d’avoir des petits projets on the side.

Zevillage : Finalement, est-ce que tu es capable de rester à un endroit paisible, calme, sans rien faire ?

M.B. : Non, sans rien faire, ce n’est pas le mot qui me correspond. J’ai beaucoup d’énergie. Je dors très bien. J’ai la chance d’avoir une manne d’énergie chaque jour qui est assez importante, donc j’aime bien l’utiliser. C’est vrai que j’ai pendant longtemps été un peu control freak et je commence à changer un peu. Typiquement, quand j’étais avec quelqu’un, c’était compliqué. Tout était très organisé. Je me levais le matin, j’avais mes blogs. Il fallait que je excommunie squeeze des lemons. Il fallait que je profite au maximum de ces heures éveillées que j’avais à disposition.

Et là, depuis un an maintenant, je commence, pas lâcher le pied, mais à voir les choses différemment, à prendre plus de temps, à être plus connecté avec les gens, à profiter un peu plus des moments et de me dire, OK tu n’es pas obligé de tout contrôler. Mais bon, je pars de loin, je ne suis pas encore arrivé.

Zevillage : Dans ta bucket list, il reste la moitié des souhaits, lequel qui te tiens le plus à coeur ?

M.B. : Ils me tiennent un peu tous à coeur. Il y en a qui sont plus durs que d’autres, forcément. En ce moment, je suis en train d’essayer de résoudre un Rubik’s Cube en moins de dix minutes. C’est un truc que je trouve assez sympa. Dans les ambitieux qui me reste à venir il y avait apprendre l’espagnol. Mais au final, j’aime beaucoup le Portugal et je suis actuellement avec une fille qui parle le portugais je me dis que je vais plutôt essayer d’apprendre le portugais. Et dans ce qui m’anime énormément, il celui à faire avec mon père, peut-être l’année prochaine. Mon père est parti à la retraite et il s’est mis en objectif de faire Paris-Marseille à vélo. Je trouve cela fascinant et j’aimerais vraiment l’accompagner sur ce projet là.

J’ai deux, trois trucs sympa en ce moment. Là j’essaie de courir un mile en moins de cinq minutes et j’essaie de faire 20 tractions d’affilée, donc c’est plutôt de challenges sportifs pour redéfinir un peu mon énergie physique.

Je lis un livre toutes les semaines. Cela, c’est quelque chose qui a changé ma vie. J’étais anti bouquins parce que j’étais anti école pendant longtemps, l’école et moi on n’a pas été ami. Mais là, depuis maintenant trois ans, je me suis vraiment mis à la lecture et je trouve que c’est un super pouvoirs. Ceux qui ne lisent pas encore et qui écoutent ce podcast, en tant qu’ancien non lecteur, je vous recommande vraiment de lire, c’est vraiment top.

Zevillage : Justement, qu’est-ce qui ne te convenait pas dans l’école, dans l’enseignement?

M.B. : Je pense qu’il faut faire une analyse un peu plus taillée, mais sans sans faire trop le cliché. J’arrive en quatrième, j’ai une sale prof qui me dégoûte de l’allemand. L’allemand me faire doubler ma quatrième. D’un coup je perds mes amis. Je me dis OK, l’école est méchante. Je pense que j’ai dû faire, un blocage.

Et là, après, cela a été la chute, un enfer sur les notes et, d’un coup, je me suis retrouvé à toujours être le dernier à la traîne, ca devenait un sujet compliqué pour les parents et moi. Il fallait aller au forceps pour passer d’année en année. J’ai postulé pour des IUT, il y en a aucun qui a voulu de moi. Il y a eu un truc qui m’a dit OK, en fait, ce système ne veut pas de moi. Et dans ce cas là, moi, je ne voudrais pas lui non plus. Je n’ai jamais fait d’effort et je pense que le fait de toujours être à la traîne a rendu cela très douloureux pour moi. Et donc j’ai associé lecture, écrire, tout plein de trucs à l’école. Après je suis parti dans le monde de la nuit et ce n’était pas dans mes priorités de m’instruire.

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