Quand on travaille une stratégie de développement territorial, surtout si le territoire n’est pas une grande ville, il faut chercher à mobiliser le plus d’acteurs pertinents possibles. Ce qui peut apparaitre comme un point faible est en réalité, je le pense, une chance. Une chance d’assurer la diversité de l’écosystème qui émergera. Sa durabilité aussi.

Penser aux résidents secondaires

On pense à mobiliser les entrepreneurs, les créateurs d’entreprises, plus rarement les formateurs, les médias, encore plus rarement (et c’est un tort!) les acteurs de la culture.

Mais on ne pense quasiment jamais aux résidents secondaires.

maison secondaire
Photo by Christoffer Engström on Unsplash

Pourquoi ? Parce que, comme c’est le cas avec les seniors (qui deviendront de plus en plus souvent des entrepreneurs), on les considère d’abord comme des habitants qui coûtent et rapportent peu à la collectivité. En effet, les volets fermés sont un problème dans beaucoup de villes touristiques. Des gens absents qui paient leurs impôts locaux, soit, mais qui ne participent souvent pas à la vie de la commune et font peu fonctionner les commerces.

Que peut-on attendre de ces “Parisiens”?

En fait beaucoup !

campagne
Vivre… et travailler à la campagne !

Le développeur territorial s’efforce de faire émerger une dynamique collective. Celle qui permettra à son espace de coworking de ne pas être vide par exemple, celle qui lui permettra d’afficher un écosystème vivant (qui organise des animations en soirées, des afterworks, des apéro twitter, des opérations de mécénat, des forum du stage…), celle qui poussera les entreprises locales à recruter et se développer sans s’expatrier.

Alors pourquoi mobiliser les résidents secondaires volontaires à cette démarche et tenter de les intégrer au coeur d’un écosystème ?

L’intérêt de cette population est multiple :

  1. toucher une cible “alliée”. En effet, au même titre que les télétravailleurs, ces résidents sont souvent très demandeurs de s’enraciner sur un territoire qu’ils affectionnent.
  2. alimenter l’écosystème du territoire avec des personnes expérimentées et qui disposent souvent d’un réseau d’influence intéressant.
  3.  identifier des investisseurs potentiels pour une implantation locale d’entreprise, ou une collaboration avec d’autres porteurs de projets
  4. développer leur présence dans leur résidence et tendre vers une occupation plus pérenne et une participation à la vie locale plus régulière.

Et puis, la frontière entre week-end, vacances et travail est de plus en plus ténue… les vendredis et lundis, l’occupation en mode télétravailleur, des résidences secondaires est déjà probablement importante. Autrement dit, le Directeur financier parisien qui arrive le jeudi soir dans sa maison de campagne pourra épauler le vendredi matin un jeune entrepreneur autour d’un café, et il le fera avec plaisir souvent.

L’attractivité d’un territoire passe, aujourd’hui, surtout par l’engagement de son écosystème dans la réussite de chacun.

Quand les élus construisent leur méthodes de développeurs agiles

Adverbe-ZeVillage accompagne, entre autres territoires, la Communauté de Communes Loir-Lucé-Bercé située entre Le Mans et Tours.  Lors d’une commission de développement économique où nous validions les résultats obtenus par la 1ère phase de l’émergence d’un nouvel écosystème, #LoirTech, Régis Valienne, Maire de Pruillé L’Eguillé, a proposé d’approcher les résidents secondaires. J’avais eu l’occasion de faire cette préconisation pour la CCI de la  Martinique il y a quelques années.

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LoirTech Compte Twitter

L’idée de l’élu a emporté l’adhésion. L’écueil classique de cette démarche, c’est la difficulté à identifier puis à approcher ces profils sur chaque commune.

Les maires présents à cette commission, en Sarthe, ont alors proposé de distribuer des courriers que l’agence de développement économique leur fournira, présentant la démarche et ses objectifs et les invitants à nous contacter. Les maires sont en effet souvent les plus informés de l’existence ou non et des profils de résidents secondaires sur leur commune. Or, ces informations sont rarement partagées avec les agences de développement économique…

La démarche, ciblant tous les résidents, avant même l’envoi de courriers a d’ores et déjà permis de découvrir une entreprise nichée dans le petit village de Chahaignes gérée par deux frères qui ont vendu leur startup à San Francisco et se sont implantés dans la campagne sarthoise. De là, ils éditent une solution de retouche photos automatique vendue dans le monde. Merci Denis Turin, le maire de ce village et vice-président de la Commission développement économique.

Si vous êtes résident secondaire du côté de la Vallée du Loir en Sarthe, sachez que votre maire va venir vous parler de son écosystème LoirTech !

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