Le géographe Bruno Moriset vient de publier une étude intitulée Développer l’économie numérique dans les territoires ruraux français : une ère nouvelle pour les télécentres ? (à télécharger en bas de cet article).

On peut se réjouir car peu de chercheurs français travaillent sur le sujet du télétravail. Cette recherche s’inscrit dans un projet plus large intitulé : Communication distante, organisation de la production et économie cognitive dans les territoires périphériques : État des lieux et enjeux de développement (Projet Discotec).

L’intérêt de cette étude est de replacer les expériences de développement rural étudiées (Gers, Cantal et Orne) dans un contexte théorique.

Le télécentre rural redevient d’actualité

Bruno Moriset rappelle les 1ères tentatives (et souvent les échecs) d’implantation de télécentres en milieu rural (en Irlande et au Royaume-Uni entre autre) et l’engouement pour “le mythe du cottage électronique” très associé à “l’image romantique de la vie de famille et de la communauté villageoise préindustrielle”.

Une fois cette période “cyber-baba” passée, le télécentre rural redevient d’actualité selon lui car le télétravail rural permettrait d’élargir la base économique des territoires ruraux très centrés sur le secteur primaire.

Et, d’autre part, la fracture numérique rurale est toujours présente. Le télécentre permet d’offrir une qualité de service et de débit qui n’existe pas à la campagne.

Le télécentre rural est un levier économique

Si l’on en croit l’étude de Bruno Moriset, il n’existe pas de modèle économique du télécentre rural qui, sauf exception, n’est viable que grâce aux investissements publics (collectivités locales et Europe).

En retour, leur succès ne peut pas être évalué en taux d’occupation (le critère habituel de l’immobilier d’entreprise urbain) mais plutôt en nombre global de télétravailleurs qui bénéficient de leur support effectif, même s’ils ne sont pas présents en permanence sur le site.

Le bénéfice est à recherche du côté du rôle catalyseur d’activité économique. Plus en tout cas que là où on attend habituellement le télétravail : en milieu rural on n’économise pas de CO2 pour aller au télécentre puisqu’on n’y trouve pas de transports en commun.

Le télécentre permet de fixer ou d’attirer des entrepreneurs et de l’activité économique. Ce qui est très précieux comme l’écrit Bruno Moriset :

“Il faut rappeler que dans de nombreux villages, les services sont inexistants, ou à la limite de la viabilité économique : commerces, école primaire, médecin, bureau de poste… Quelques familles en plus ou en moins peuvent faire toute la différence, avec des conséquences en termes de qualité de vie pour l’ensemble de la population. “

Un message positif qui fera plaisir aux développeurs ruraux du Gers, du Cantal et de l’Orne, des “living labs” de l’économie numérique rurale comme les nomme Bruno Moriset.

Télécharger l’étude(PDF, 730 ko) Développer l’économie numérique dans les territoires ruraux français : une ère nouvelle pour les télécentres?

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