Récemment publié, un rapport du Conseil général de l’armement et de la CCI de Paris sonne l’alerte sur la nécessite d’encadrer et de structurer le plus rapidement possible l’impression 3D. La fabrication additive pourrait ainsi devenir, ces prochaines années, une véritable filière de l’industrie française.

imprimante 3D

Début septembre, le géant de la fabrication de pneumatiques Michelin annonçait son partenariat avec le groupe d’ingénierie Fives. Baptisée Fives Michelin Additive Solutions, cette nouvelle société a pour objectif de d’imprimer en 3D des pièces métalliques. Une véritable ouverture de la voie industrielle.

Impression 3D : de grandes espérances pour la France

Michelin ouvre ainsi la voie aux nombreuses entreprises industrielles qui cherchent à dynamiser leur activité. A terme, c’est la totalité du tissu industriel français qui risque de s’en trouver bouleversé. La France se retrouve donc face à un défi de taille : miser à fond et rapidement sur l’impression 3D en créant une filière qui lui serait entièrement consacrée.

Les modes de production changeront du tout au tout ces prochaines années et permettront des gains substantiels en matière de logistique, de coût de fabrication et de coût des matières premières.

Le rapport du Conseil général de l’armement et de la CCI de Paris, dévoilé il y a quelques jours par Les Echos, est le fruit d’un long travail de recherche mené sur un an et demi auprès d’experts réputés. Il a pour vocation de guider les chefs d’entreprises et les décideurs politiques dans les domaines de l’économie et de la technologie. Le gouvernement, encore peu réceptif aux résultats du rapport, intègre pour le moment l’impression 3D au vaste chantier Industrie du Futur mis en place par Emmanuel Macron en mai 2015.

La révolution Michelin

Le 7 septembre dernier, Michelin annonce son partenariat avec Fives et la création de leur société commune, Fives Michelin Additive Solutions. Leur but : utiliser l’impression 3D pour développer et commercialiser des ateliers de production et des machines.

Cette annonce retentit comme une bombe dans le monde de l’industrie puisqu’il s’agit du premier grand acteur de l’industrie française à s’engager sur la voie de l’impression 3D.

En parallèle avec cette annonce, le rapport recommande par ailleurs la mise en place d’un dispositif d’accompagnement des entreprises au niveau de la fabrication additive. Il encourage également la création d’un Institut spécialisé dans l’impression 3D qui servirait de chef d’orchestre lors de la mise en œuvre de ce chantier révolutionnaire.

L’impression 3D mieux que la fabrication « classique »?

Selon les experts, l’impression 3D fabriquerait, dans des domaines spécifiques, des objets de meilleure qualité que la fabrication dite classique. C’est par exemple le cas dans le domaine de l’optique où l’impression 3D est déjà utilisée dans la fabrication des montures de lunettes et permet d’obtenir des produits personnalisés et sur ­mesure à des coûts raisonnables. Dans ce même domaine, un enjeu de taille est mis en avant : celui de la relocalisation en France de la production de montures, aujourd’hui largement fabriquées en Asie.

Le constat est le même dans le secteur de l’artisanat de luxe où l’impression 3D sert déjà à créer des montres et bijoux au design unique, des séries limitées et même des pièces sur­ mesure destinées à une clientèle aisée.

Même si l’impression 3D présente des risques comme la contrefaçon, les problèmes de responsabilité ou encore la sécurité, elle amorce aussi une nouvelle ère industrielle et une possibilité de renouveau pour l’industrie française. Ne reste plus qu’à mettre en place des règles et un encadrement strict autour de la fabrication additive pour voir naître une nouvelle ère : celle de l’industrie 3.0.

Télécharger le rapport sur l’impression 3D (PDF, 20,4 Mo)

(Photo : Knowtex)

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