Adopté il y a maintenant près de deux ans, l’accord national interprofessionnel sur la flexibilité du travail s’inscrit dans la volonté générale de ré-équilibrer la vie professionnelle et la vie personnelle, mais aussi de faciliter la gestion des heures de travail pour les employeurs. Mais qu’en est-il au Royaume-Uni et aux États-Unis ?

flexibilité

La flexibilité du travail est perçue différemment que l’on soit aux États-Unis, en France ou au Royaume-Uni. Alors que certains pays tentent d’en faciliter la gestion, d’autres la reconnaissent sans pour autant s’impliquer.

La flexibilité du travail au Royaume-Uni

Depuis juin 2014, le gouvernement anglais donne le droit aux employés d’une ancienneté de plus de 26 semaines dans leur entreprise de demander des heures de travail flexibles.

Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une volonté nationale de moderniser le lieu de travail. Elle permet également de souligner l’importance de la flexibilité au travail pour le bien-être des employés.

Même si cette décision a été bien acceptée par les entreprises, il est important de rappeler qu’il s’agit seulement d’un « droit de demander » et non d’un droit acquis. De nombreux employés se voient ainsi refuser leur demande sous prétexte que cela pénaliserait les affaires.

Si la flexibilité du travail au Royaume-Uni faisait autrefois référence au temps partiel, le gouvernement anglais met aujourd’hui l’accent sur le télétravail, l’annualisation des heures de travail et sur les horaires flexibles.

Une étude menée en décembre 2014 atteste que 97% des employés anglais se voient offrir au moins une sorte de travail flexible. Et pourtant, une majeure partie d’entre eux n’y trouvent pas leur compte, les employeurs « oubliant » souvent d’en faire l’éloge.

La flexibilité du travail aux États-Unis

Contrairement au Royaume-Uni, les États-Unis n’ont pas adopté de loi en faveur de la flexibilité au travail. Ce n’est pas pour autant que le pays y est indifférent, même si une étude récente révèle que 80% des employés américains souhaiteraient plus de flexibilité au travail.

Sans aucune loi permettant de faciliter les différents arrangements, les entreprises américaines doivent donc trouver le moyen d’équilibrer les besoins de la société et la conformité juridique :

  • besoins de l’entreprise : de nombreux employeurs proposent un travail flexible afin de garder leurs bons employés
  • conformité juridique : la manque d’encadrement provoque de nombreux obstacles à la mise en place d’horaires flexibles ou de télétravail.

Malgré l’intérêt croissant des États-Unis pour le travail flexible, deux mises en garde viennent freiner les projets des entreprises :

  • si l’employé est assujetti à la loi Fair Labor Standards qui vise à quantifier son temps de travail, il peut devenir difficile de prendre en compte ses horaires dans le cadre du télétravail. Le Ministère du Travail américain s’est d’ailleurs assuré que tout temps travaillé en dehors du bureau doit être noté et compensé, principalement si l’employé travaille sur un smartphone ou tout autre matériel électronique
  • tous les états pratiquant une politique différente, il est indispensable d’informer les responsables avant de mettre en place une politique de travail flexible au sein d’une entreprise. Certains états réclament en effet une taxe supplémentaire aux employés travaillant depuis chez eux.

La flexibilité du travail en France

Même si la France a la réputation d’offrir un marché du travail plutôt rigide, elle possède pourtant depuis longtemps, comme le Royaume-Uni, une loi qui permet de faciliter la flexibilité du travail.

Des textes plus récents ont vu le jour dans l’objectif de promouvoir la flexibilité au travail. Mais, s’ils mettent en avant les bénéfices pour l’employé, ils rassurent également les employeurs en leur proposant d’adapter l’activité à l’évolution de l’entreprise.

La loi française reconnaît l’importance du maintien de l’équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle. Tout comme au Royaume-Uni, les salariés ont ainsi le droit de demander plus de flexibilité, comme par exemple :

  • un employé demandant à travailler à temps partiel est prioritaire sur tous les postes à temps partiel de l’entreprise
  • un employé peut demander des horaires flexibles dans le cadre de certains types de congés comme le congé parental ou le congé formation
  • comme au Royaume-Uni, un employé a le droit de demander à travailler depuis chez lui, mais l’employeur n’est pas obligé d’accepter.

La loi française offre beaucoup de liberté aux employeurs :

  • les lois récentes facilitent le recours au temps partiel afin d’éviter les licenciements
  • les heures travaillées peuvent être annualisées afin d’adapter le temps de travail des employés aux différentes périodes d’activité de l’entreprise.

Si les approches de la flexibilité du travail sont différentes au Royaume-Uni, aux États-Unis et en France, on remarquera toutefois que la question donne place à des arrangements que l’on soit outre-Manche ou outre-Atlantique. Une reconnaissance qui pourrait bien faire évoluer la flexibilité au travail ces prochaines années.

(Source – Photo : Wikipedia)

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