Je ne rêve pas. Ou plus. Mon village, Charly, 4 281 habitants, situé à 14 km au sud de Lyon au milieu des vergers et des vignes se lance dans l’aventure du coworking. Je m’y suis installé il y a à peine 2 ans avec ma petite famille sans me douter un instant que le Monsieur le Maire, Claude Vial, un septuagénaire charmant mais pas vraiment «geek” avait imaginé reconvertir une partie du magnifique Domaine Melchior Philibert en centre de travail partagé. Car à Charly, on parle encore français. Tous les charlyrots et charlyrotes n’auraient peut-être pas tout de suite compris qu’aujourd’hui en France, on est coworker, on retweeet et on post des like sur un wall ou sur sa timeline… Par contre, beaucoup commencent à comprendre que sur les 11 000 salariés des 4 communes environnantes, perdre plus de 2h par jour dans les bouchons pour aller travailler à Lyon, c’était plus possible…

Et puis à Charly, comme dans les communes du sud-ouest de Lyon, on se connaît, on se parle, on aime bien vivre ensemble. Alors travailler ensemble, avoir un «espace de travail partagé», cela est vite devenu évident, pour le Maire mais bientôt pour d’autres habitants, entrepreneurs, indépendants, salariés. Vous allez vous dire, pour ceux qui me “follow” un peu sur twitter où me connaissent en vrai, il a dû faire exprès d’aller s’installer là-bas car il cherchait un centre de coworking.

Et bien même pas, et c’est d’ailleurs pour moi une preuve supplémentaire que nous vivons une transformation profonde de nos territoires et de notre économie car ce qui se passe ici «naturellement» va sans doute se généraliser dans les années qui viennent dans de nombreuses villes et villages en périphérie des grandes zones urbaines.

D’ailleurs j’aimerai bien qu’il ouvre plus vite ce centre de cotravail, comme la trentaine d’habitants, entreprises et partenaires déjà très intéressés. Mais il faut savoir prendre son temps à une époque où l’on retweet plus vite que son ombre virtuelle. Il faut d’abord réhabiliter le Domaine, classé aux Monuments de France.

Un centre de travail partagé classé Monument de France

Car Melchior Philibert est un vieux monsieur. Riche marchand lyonnais, il faisait déjà du coworking il y a plus de 300 ans, comme en témoignent les fresques de Daniel Sarrabat où l’on voit tous les acteurs de la Renaissance travailler ensemble pour qu’un nouveau monde émerge : scientifiques, marchands, artisans, artistes, intellectuels…

La clé de l’innovation à la Renaissance était la même que celle d’aujourd’hui : le décloisonnement, la mise en réseau des corporations, notamment facilitée par l’émergence d’un nouveau moyen de communication, l’imprimerie. Ca vous dit rien cette histoire là ? Moi, ça m’inspire. Hier, le Maire a réuni un ensemble  d’entreprises et de partenaires pour nous présenter le projet, faire visiter le domaine et partager un buffet campagnard devant la magnifique perspective des jardins à la française d’un parc de 8 hectares.

Le 20 mars dernier, c’étaient les futurs utilisateurs intéressés qui étaient réunis ici. La mayonnaise est en train de prendre et il est désormais question de se regrouper pour monter une association qui supportera la construction collective de cet ambitieux projet.

Comme vous le savez, lecteurs habitués de Zevillage, c’est la communauté qui prime et constitue la base d’un bon projet de coworking. Ca, on l’a bien compris à Charly.

C’est la communauté qui prime

Et puis, il faut trouver des moyens, car le projet global ne concerne pas qu’un centre de travail partagé mais tout un projet de centre de vie, un Ecocentre comme on dit dans le Cluster Green & Connected Cities que je représentais aussi. Ce qui enrichit l’offre du centre de coworking car une salle de 220 places est prévue. Pas mal pour organiser un séminaire, une présentation commerciale ou un évènement ! Un pôle de restauration est également dans les plans.

C’est donc un ensemble d’habitants, citoyens, salariés, entrepreneurs qui se croiseront demain ici au lieu de juste dormir dans leur village et faire des allers-retours pendulaires épuisants et coûteux. Voilà. Un beau projet, encore 18 mois pour le construire, le faire connaître et rendre jaloux nos voisins de toute l’agglomération lyonnaise pour qu’un réseau de tiers-lieux naisse autour de la Capitale des Gaules. Pour en savoir plus je vous conseille de regarder l’excellente présentation réalisée par notre ami Nicolas Borde de Coop Alternatives.

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