Sport et entreprise ont toujours fait bon ménage. Mais aujourd’hui, de source d’inspiration, le sport devient un moyen pour l’entreprise de contribuer au bien-être de ses collaborateurs et à une meilleure santé publique.

Si le sport « coopératif » (les équipes sportives d’entreprises), existe depuis le début du XXe siècle, il faut attendre les années 80 pour voir le monde du travail l’adopter plus largement, sous des formes diverses selon le livre Le sport en entreprise au service des pratiques managériales : compétitions ou rencontres sportives, pratiques sportives de loisirs dans l’enceinte de l’entreprise, intervention de coachs professionnels, recrutement de salariés au profil sportif, sponsoring sportif.

Depuis longtemps les entreprises ont constaté que le sport, en plus de son bénéfice-santé, portait des valeurs et des qualités à même de faire évoluer les pratiques managériales, comme le dépassement de soi ou la puissance du collectif.

Avec les avancées de la connaissance des relations entre sport et santé d’une part, et l’évolution de la gestion des ressources humaines, l’entreprise prend de plus en compte les aspects de bien-être et capital-santé de ses salariés.

Développer la pratique sportive dans l’entreprise aussi

Une évolution en phase avec les attentes sociétales (le nombres de sportifs licenciés a été multiplié par 8 depuis 1950) et les enjeux de santé publique. Car selon le rapport Activité physique et pratique sportive pour toutes et tous de novembre 2018 près d’un Français sur deux déclare « ne jamais pratiquer » d’activité sportive. C’est un sur trois en Allemagne et un peu plus d’un sur dix seulement en Finlande.

Une inactivité qui serait responsable de plus de 3 millions de décès chaque année selon l’OMS.

En attendant la loi annoncée sur le sport au travail, l’entreprise peut jouer un rôle dans la lutte contre l’inactivité. C’est ce que souligne le gouvernement dans son plan issus du rapport sur l’activité physique pour tous.

L’objectif est d’accroître de 3 millions le nombre de pratiquants d’exercice physique – pour atteindre les 19 millions – d’ici les JO de 2024. Et pour instaurer en France « une culture d’activité physique et sportive », le rapport précise que cela «suppose de banaliser l’activité en l’inscrivant dans notre quotidien. De sortir de l’image du « sport comme dépassement de soi » pour aller vers des pratiques « bien-être » et des mobilités actives pour toutes et tous, à chaque âge de la vie. ».

Le sport qui vient du froid ?

En attendant une grande révolution sportive, il est possible de mener une politique des petits pas pour inciter ses salariés à bouger plus. Des entreprises scandinaves ont choisi de verser un prime pour les usagers de vélos ou pour les salariés sportifs. Ou de rendre le sport obligatoire en imposant une heure de sport hebdomadaire pris en charge par la société.

En France des initiatives nouvelles voient également le jour. Ainsi, des sociétés spécialisées proposent de simplifier l’accès au sport en prenant en charge la mise en place d’une activité, accompagnée par des coachs comme Mono’s qui propose dix sports différents.

Et si l’on préfère commencer la transformation en douceur, on peut avoir recours à des solutions simples : des bureaux-vélo, des bureaux équipés de tapis de marche ou, comme le propose cette entreprise vue au CES 2019, des stations de travail connectées en mode assis-debout.

On le voit, le sport dans l’entreprise s’insère dans des courants structurellement puissants : réorganisation des espaces de travail, prise en compte du bien être des collaborateurs, impacts sociétaux de l’entreprise. Cela lui promet un avenir prometteur. Rendez-vous dans quelques mois ou quelques années pour voir concrètement quelle place le sport aura pris dans notre environnement de travail et sous quelles modalités.

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