Bénéficier de locaux plus pratiques, plus lumineux et offrant davantage de proximité entre direction et services : tel était l’objectif de la direction de Barilla, le géant italien des pâtes, qui a rapatrié ses cols blancs du 7e arrondissement de Paris à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

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Avant de jeter son dévolu sur l’immeuble haute qualité environnementale « Les Horizons », conçu par Jean Nouvel, la direction de Barilla a visité pas moins de 28 sites, afin de déménager ses 80 cols blancs. Le bail du siège parisien, rue de Grenelle, arrivait à terme.

Libérer de la capacité d’investissement

Avec un plan d’investissement de 47 millions d’euros amorcé il y a deux ans pour moderniser les usines où travaillent la grande majorité des salariés de Barilla France, il était nécessaire de libérer de la capacité d’investissement en quittant la capitale pour la périphérie, aux loyers moins onéreux. Les salariés du siège ont inévitablement perdu au change s’agissant du temps de transport, passant en moyenne en transport en commun de 42 à 48 minutes, au-delà du temps passé en moyenne par les Franciliens, soit 43 minutes.

L’étude d’impact de la RATP a recensé une douzaine de cas critiques, avec un temps de transport augmenté de plus de 50 % par rapport à l’ancienne localisation. Des prises en charge d’une partie de l’abonnement Autolib’ ont été mises en place, ainsi que des frais de déménagement pour les rares salariés à avoir changé de domicile dans le but de se rapprocher de leur lieu de travail.

Par ailleurs, les salariés du siège travaillent d’où ils le souhaitent 20 % de leur temps, même si aucun accord ne formalise cette possibilité. Un aménagement a été autorisé : le télétravail peut être organisé par quinzaine pour permettre trois jours consécutifs de travail à distance (au lieu d’un jour et demi par semaine), histoire de s’éloigner de l’open space où travaillent les 80 collaborateurs. Pour faciliter les réunions à distance, les locaux sont équipés d’une salle de téléprésence.

Une qualité de vie améliorée

Comme souvent, les salariés ont gagné en qualité de vie dans les bureaux depuis qu’ils ont défait leurs cartons le 6 juillet. Les cols blancs disposent de 20 mètres carrés chacun, dans cet étage bleu Barilla d’une superficie de 1 680 m2. « Les locaux sont plus lumineux, pratiques et sécurisants, assure Jean-Christophe Grelet, secrétaire du CHSCT du Syndicat national des industries agroalimentaire (SNI2A) CFE-CGC, majoritaire au siège. Auparavant, ils étaient répartis sur deux niveaux, ce qui compliquait les relations entre les services. Et les escaliers en colimaçon pouvaient provoquer des chutes. »

Organisation pour le moins inhabituelle : ils partagent cet espace avec le comité de direction et même le directeur général ! Ces hauts dirigeants sont séparés du reste des effectifs par une simple vitre. Miloud Benaouda, directeur général de Barilla France, tenait à échanger avec le reste du comité en direct pour gagner du temps et éviter d’en faire perdre à son équipe. « Les collaborateurs y réfléchissent à deux fois avant de venir poser une question à leur responsable devant le reste des dirigeants : cela les responsabilise. La plupart du temps, ils peuvent trouver la solution eux-mêmes », assure le quadra, qui vante un dress code « casual », sans cravate.

Un problème de discrétion

Mais, pour les équipes, cela présente un inconvénient : « La première ligne est à part et les services n’ont plus leur chef avec eux ; cela limite la proximité », regrette le secrétaire du CHSCT. Par ailleurs, si les services soumis à la discrétion – ceux liés à l’audit, au juridique et aux RH – sont installés dans un open space à part, ils sont tous dans le même bureau. « Le CHSCT a demandé de créer des séparations entre ces différents services, mais cela a été rejeté par la direction », déplore Jean-Christophe Grelet.

En revanche, une autre demande a été entendue : davantage de salles de réunion et d’espaces de travail plus intimes ont été aménagés à côté de l’open space. Et sur tout le plateau, une particularité : aucune sonnerie de téléphone ne vient perturber la quiétude des bureaux. Les lignes téléphoniques fixes sont directement intégrées à l’écran d’ordinateur des collaborateurs, de manière à éviter la pollution sonore et à faciliter, encore une fois, le télétravail.

« Ce procédé informatique permet à nos collaborateurs d’appeler ou d’être appelés lorsqu’ils travaillent chez eux comme s’ils étaient au bureau », précise Miloud Benaouda. La cuisine de 65 mètres carrés, avec plaques à induction pour faire bouillir le produit phare de l’entreprise transalpine, permettra aussi de recevoir des invités de marque et d’organiser des rendez-vous culinaires. « Un lieu à la fois convivial et parfait pour des événements corporate », souligne le directeur général.

(Source : Rozenn – Le Saint Fil AFP Liaisons-Sociales – Photo : Wikipedia)

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