La direction d’IBM France et ses syndicats sont en train de finaliser, dans un contexte de restructuration, une négociation sur la mobilité et le travail à distance, la question du télétravail à domicile étant renvoyée à une discussion ultérieure.

Si les partenaires sociaux de Big Blue n’ont pas encore reçu le projet d’accord-cadre définitif, un texte prêt à l’emploi leur a été soumis lors du CCE le 29 janvier dernier. Ce dernier balise les diverses formes de travail « en dehors des murs de l’entreprise », issues du code de mobilité mondial baptisé « WPI » (Work Place Indicator) : travail chez le client, sur d’autres sites IBM et travail occasionnel à domicile.

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« Ces formats répondent soit à des besoins professionnels, soit à des besoins d’organisation personnelle des salariés pour améliorer leur équilibre vie privée vie professionnelle », illustre le préambule du projet d’accord.

Plusieurs objectifs

Lequel vise plusieurs objectifs : pérenniser la souplesse d’organisation issue de la politique du « collaborateur mobile » chez IBM ; définir les principes communs à toutes formes de « travail à distance » et clarifier les pratiques ; préciser et encadrer la pratique du travail à domicile occasionnel ; porter une attention particulière à la santé et la sécurité des salariés concernés ainsi qu’au maintien d’un lien propre à éviter tout isolement.

Le texte balaie, dans un premier temps, les grands principes s’appliquant à la mobilité et au travail distance, sur les amplitudes horaires, l’organisation du travail, le maintien du lien social, les droits et devoirs des salariés, la santé-sécurité, les équipements professionnels, la protection des données ou encore les droits collectifs.

Dans une seconde partie, sont évoqués les modalités de mise en œuvre et les caractéristiques du travail occasionnel à domicile. Le texte instaure par ailleurs une commission de suivi composée de deux représentants par organisation syndicale signataire et deux représentants de la direction.

Casus belli pour la CGT

Réclamée par les syndicats depuis des lustres, cette négociation risque toutefois de buter sur le télétravail à domicile, renvoyée à une négociation future, sans doute en 2014. Les sujets de la mobilité professionnelle et de la mobilité géographique feront aussi l’objet une négociation spécifique à venir. Un casus belli pour la CGT.

« Cet accord, c’est de l’affichage, tonne Régine Delebassée, la déléguée syndicale centrale. IBM, qui a considérablement réduit ses centres de proximité, exclut le télétravail à domicile d’une négociation sur le travail à distance, c’est à n’y rien comprendre ».

Evolution du logo IBM

Plus encline à apposer son paraphe, la CFDT – qui consultera ses troupes le 10 février – regrette également que le télétravail à domicile ne soit pas traité dans le projet de texte. « La direction fait un blocage. Elle ne parle que de télétravail occasionnel à domicile. Toutefois, cet accord-cadre constitue une avancée.

«Nous avions besoin d’un texte qui sécurise toutes les formes de travail à distance dans l’entreprise », explique Mathieu Josien délégué syndical central CFDT. Les positions des autres organisations syndicales d’IBM France – Unsa et CFE-CGC – ne sont pas encore connues. Si la CFDT se décidait à parapher le texte, la signature de l’Unsa ou de la CGC pourrait suffire à le rendre majoritaire.

Contactée, la direction d’IBM France n’a pu répondre à nos sollicitations.

(Photos : ChrisDag et SiteMarca)