Les habitués de Zevillage connaissent mon engagement en faveur du très haut débit rural. Les arguments en faveur de la fibre optique pour tous sont simples et peuvent être lus en intégralité dans notre Manifeste résumé ici :

  • il serait judicieux d’équiper massivement la campagne en fibre optique car cela compenserait en partie les manques d’équipements (transports en commun, infrastructures médicales, écoles, universités, etc.)
  • la fibre optique donne accès aux loisirs (films à la demande, échanges, jeux…) mais surtout permet de travailler, d’apprendre, de se cultiver ou d’être soigné à distance
  • la campagne n’a pas chance de la ville où le déploiement se fera par la
    grâce du marché puisque la densité de clients est suffisante pour
    assurer la rentabilité de l’infrastructure

Nous savons que les technologies de l’information et de la communication (TIC) tirent une croissance de bonne qualité et permettraient de rééquilibrer l’aménagement du territoire.

Nous savons que ce basculement dans la société numérique de la connaissance repose sur deux choses : l’investissement dans l’infrastructure de fibre optique pour tous et la formation massive des utilisateurs non connectés (1 Français sur 2 et un peu moins à la campagne).

Nous savons tout cela et beaucoup de politiques également. Deux options se présentent donc.

Fibre optique pour tous

Soit nous nous contentons de suivisme et nous mettons 30 ans pour équiper tous les foyers français.

Soit nous estimons qu’il est important que la France prenne de l’avance dans cette société de la connaissance et nous nous en donnons les moyens.

L’Etat est fauché : à force de redistribution et d’intérêts de la dette, il n’a plus les moyens de l’action publique et ne peut plus investir.

Reste la mobilisation des collectivités locales, des habitants, des élus ruraux et des oéprateurs. A conditions qu’ils saisissent l’importance des enjeux.

Pour forcer la cadence donc, quelle meilleure occasion que les élections municipales ? Les maires et les conseillers sont bien placés pour faciliter et accélérer le déploiement de fibre dans leur commune. ou au moins pour s’assurer que des fourreaux avec de la fibre sont enfouis à chaque ouverture de tranchée.

C’est ce que font Alexandre Modesto, 27 ans, candidat dans sa commune rurale de Saint-Jean-de-Maurienne ou Christophe Grébert dans sa commune très urbaine de Puteaux.

Le premier fait de la fibre son cheval de bataille et le second présente ce soir son programme pour une ville numérique en investissant dans la fibre optique et de la formation aux usages.

Revenons à Zevillage et à l’Orne.

Alain Lambert, président de la communauté urbaine d’Alençon, a dévoilé hier son projet pour Alençon 2008-2015. Au centre de ses réalisations, il souhaite créer un “Grand Alençon” qui englobe plusieurs communautés de communes : celles du pays Mêlois, du pays d’Essay et du pays de Sées où est installé Zevillage.

Mais pour atteindre une partie de ces objectifs ambitieux il serait utile de provoquer le basculement dont je parle plus haut.

Nous avons les atouts pour cela. Une dorsale de fibre optique traverse le Mêle-sur-Sarthe et une autre longe l’autoroute A28. Et la fibre alimente aujourd’hui tous les répartiteurs de France Telecom. De quoi amorcer un déploiement départemental et faire du Grand Alençon un pionnier dans l’aménagement numérique.

L’Orne a su innover en France pour briser le monopole ADSL de France Telecom qui retardait l’aménagement rural. Trois ans avant tout le monde notre département était équipé de Wimax.

Saurons-nous prendre de l’avance avec la fibre optique pour tous ? L’infrastructure n’est évidemment pas une finalité. Mais elle est le moyen indispensable qui apportera la richesse, l’accès à la connaissance, à la culture et la possibilité de “vivre et de travailler au pays” !