Pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler à domicile, le producteur et fournisseur d’électricité EDF a imaginé des espaces de coworking ouverts aux salariés. Une cinquantaine de collaborateurs en bénéficient en Île-de- France. Le dispositif devrait être élargi en région et permettre de diminuer le célibat géographique.

Depuis début 2018, Loïc Camps Bres peut emmener ses enfants à l’école le jeudi. Ce jour-là, l’ingénieur en charge de maintenance et modification sur des installations de production d’électricité EDF ne se rend pas sur son site habituel de Cap Ampère, à Saint-Denis, mais rejoint l’unité technique opérationnelle de Montévrain, beaucoup plus proche de Bry-sur-Marne où il vit.

« Au lieu de 1 h à 1 h 10 de transport, je mets 35 minutes », apprécie-t-il. Loïc Camps Bres a fait partie de la première phase d’expérimentation du dispositif « Welcome » mis en place par EDF. Le principe ? « Permettre à des salariés qui n’ont pas la possibilité ou l’envie de faire du télétravail chez eux de travailler une journée par semaine sur un site plus proche de leur domicile », reprend Jean-Baptiste Obeniche, le responsable du pôle diversité, innovation et performance au travail au sein de la direction des ressources humaines.

Après le succès du télétravail

« C’est un complément au télétravail », qu’utilisent déjà 6 000 salariés du groupe en France (10 % de l’effectif). « Welcome » concerne actuellement 45 collaborateurs en Île-de-France. « En région parisienne, les temps de transport sont souvent longs et nous avons voulu expérimenter le dispositif ici », explique le responsable RH. L’objectif : « Accompagner la mobilité de ceux qui pouvaient être freinés, pour des raisons familiales notamment, et diminuer les temps de transport », justifie-t-il.

Des espaces de coworking internes chez EDF

Expérimenté par des salariés volontaires pendant l’année 2018, « Welcome » est désormais devenu un dispositif pérenne. Le salarié et son manager doivent donner leur accord. Et une convention est signée avec le service des ressources humaines, comme dans le cadre du télétravail. Cinq sites EDF ont des espaces de coworking internes. « Il a fallu trouver des bureaux ou des open spaces disponibles ou identifier des postes de travail qui peuvent être utilisés par des « Welcomers », détaille Jean-Baptiste Obeniche. Nous avons organisé la logistique pour recréer les conditions de bureau sur chaque site avec badge d’accès, place de parking… »

Le dispositif fonctionne avec un principe de réciprocité : si un salarié veut en bénéficier, son site doit aussi se montrer accueillant. Les salariés éligibles disposaient tous de smartphone et d’ordinateur portable. « Nous bénéficions aussi de l’accès à la salle de sport et à la cantine », souligne Loïc Camps Bres qui apprécie l’ouverture permise par le dispositif. « Le jeudi, je suis avec des personnes qui ne font pas partie de mon équipe, donc on ne parle pas boulot au moment du déjeuner, et j’ai découvert des métiers dans le groupe que je ne connaissais pas, c’est intéressant. »

Lire aussi : EDF, un accord pour favoriser le télétravail_

Pour certains salariés, la journée de coworking permet aussi des économies d’essence. « Je n’ai pas d’espace pour travailler chez moi, et je devrais sans cesse me reconnecter au réseau en entrant les codes plusieurs fois par jour. Je trouve plus simple et plus confortable de m’installer dans un bureau qui dispose d’une connexion au réseau de l’entreprise, de haut débit », reprend le salarié. « Par rapport au télétravail, les questions administratives sont les mêmes et ont donc été faciles à traiter, mais il y a un avantage supplémentaire : avec le coworking, le salarié ne ressent pas l’isolement qui peut exister en travaillant chez soi », note aussi Jean-Baptiste Obeniche. En moyenne, les salariés gagnent 1 h à 1 h 30 de temps de transport par jour, « soit entre 40 et 60 heures par an », souligne-t-il.

Une application mobile de réservation

Le dispositif « Welcome » est inscrit dans l’accord Mobilités actuellement en négociation avec les organisations syndicales. Il pourrait être étendu à la France entière et aux quelque 2 000 sites du groupe. Avec l’objectif de réduire les temps de transport, toujours, mais aussi celui d’encourager et d’accompagner les mobilités qui le nécessiteraient, en réduisant notamment la question du célibat géographique, alors que deux Français sur trois seraient prêts à changer d’emploi pour se rapprocher de leur domicile, selon la dernière enquête d’HelloWork sur le sujet.

EDF développe actuellement une application mobile afin de permettre aux « Welcomers » de réserver un bureau sur le site de coworking proche de chez eux, pour le jour qui les intéresse.

(Source : Fil AFP-Liaisons sociales – Lucie Tanneau – Entreprise & Carrières – Photo : Shutterstock.com)

Chaque jeudi, recevez la newsletter de veille de Zevillage
Mots clés: , ,