A l’occasion de la Fête des coworking, zoom sur un espace en région : la Forge collective, à Valence, qui participe activement à l’événement. Comme plusieurs espaces de la Drôme dont le réseau de tiers-lieu est hyperactif.

C’est en coworkant qu’on devient… Forgeron(e)s

La Forge Collective est un espace de coworking installé au centre-ville de Valence, dans la Drôme. Depuis quatre ans maintenant, l’espace veut « partager plus que du travail » et met en avant des valeurs comme la coopération ou la convivialité. Mieux, il sert de vivier de compétences grâce à son Gisement, véritable portail de tous les savoir-faire des coworkers grâce auquel ils peuvent trouver des missions plus facilement.

Gérée par son « maître-de-forge », Thierry Pigeard, La Forge collective, implantée en plein cœur de la ville, permet à ses coworkers de bénéficier d’un environnement riche et vivant. Et permet aussi à la ville de profiter de la venue de ces nombreux travailleurs aux multiples talents, qui vont profiter d’une pause pour aller faire des courses ou se chercher rapidement un sandwich pour le déjeuner. En d’autres mots, qui participent aussi à la vie économique de la ville.

Finies les angoisses

Grâce à ce système de bureaux nomades, à Valence, comme ailleurs, nombre d’indépendants n’ont plus le souci de se demander où ils vont bien pouvoir recevoir leurs clients –parce qu’à la maison, c’est quand même moins pro et confortable, sauf si on aime à s’affaler dans un vieux fauteuil avec le chat sur les genoux.

Ils ne s’angoissent plus non plus à chercher comment rentabiliser leurs locaux puisqu’ils n’en ont pas, mais peuvent profiter d’un bureau disponible et sans aucun engagement, et ce, à tout moment.

Enfin, ils savent que s’il leur arrive de travailler aussi de temps en temps à domicile, il existe un endroit où ils peuvent rencontrer d’autres humains qui, tout comme eux, ont besoin de contact et de dialogue.

Quand on arrive, en plus, à faire se nouer des liens d’amitié entre ses coworkers, comme y parvient La Forge Collective, alors on se dit que l’objectif est atteint… Ou presque. Parce que ce mode de travail, bien qu’en vogue, est relativement nouveau.

Et que tous les indépendants et télétravailleurs qui travaillent sur leur canapé, portable sur les genoux, dans un coin sombre de leur studio, sont encore légion et qu’il y a des progrès à faire en matière de communication et d’information. Sans parler des a priori : trop cher, trop loin, mieux chez soi…

Collectif et plus rassurant

Notons au passage que les patrons s’avouent davantage rassurés quand ils savent que leurs employés vont télétravailler dans un espace de coworking. D’autant plus si celui-ci est porteur du label C3, qui garantit qu’il s’agit d’un espace professionnel adapté, ce qui est le cas de la Forge Collective.

Cotravailler, comme le disent les Québécois, c’est aussi partager et il n’est pas rare de voir les coworkers se donner un coup de main lorsqu’une compétence est requise. Quand ce n’est pas une « vraie » formation qui est proposée, à titre gracieux ou à un tarif défiant toute concurrence. De nombreux projets naissent de la rencontre de coworkers. La proximité les amène à développer leur créativité et ils n’hésitent plus à se lancer dans des travaux complexes car ils savent qu’ils vont pouvoir compter sur les capacités complémentaires de leurs nouveaux collègues.

Une mine de compétences

L’avantage de travailler dans un espace comme la Forge Collective, c’est de bénéficier en plus d’un service qui facilite la recherche de missions, qui constitue toujours le point noir des freelances. En effet, un portail appelé le Gisement, imaginé par Thierry Pigeard, et mis en ligne sur le site internet de La Forge collective, met en avant leurs aptitudes et leur savoir-faire. Une fiche détaille chaque coworker, ses services, son parcours, mais aussi ses hobbies, par exemple, histoire d’humaniser le profil. Grâce à cet outil, les « Pépites » inscrites peuvent être contactées directement par leurs clients. Un plus lorsque l’on est indépendant et pas très bon en comm’ ou que l’on n’a pas beaucoup de temps à y consacrer.

Thierry Pigeard
Thierry Pigeard, le “maître de forge” de la Forge collective

Une autre façon de travailler, de plus en plus plébiscitée

La Forge Collective, à l’instar de bon nombre d’espaces de coworking similaires, s’efforce de faire connaître ce nouveau mo(n)de du travail et de le promouvoir, de diverses manières. Manifestations, réseaux sociaux, créations de collectifs (La Forge Collective fait partie du réseau cedille.pro, le réseau du coworking dans la Drôme, soutenu par le Département).

De plus en plus plébiscités par les jeunes générations, qui n’ont jamais ou si peu connu les bureaux traditionnels, les tiers-lieux offrent une autre façon de concevoir la façon de travailler. Voire de manager, car les hiérarchies, confrontées au travail à distance, apprennent à gérer une équipe dont les membres ne sont plus toujours tous présents en même temps dans les locaux communs.

Le coworking n’est pas une mode. C’est une véritable révolution dans les modes de travail actuels. Parce que les avantages sont nombreux. Parce que l’union fait la force. Et parce que c’est en coworkant qu’on devient… Forgeron(e)s.

(Photos : Laure Delhomme)

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