Au moment où la ruralité fait irruption dans la campagne présidentielle, Michel Briand, hyperactif adjoint au maire de Brest, a la bonne idée de compiler des échanges que nous avons sur la liste de diffusion consacrée à l’aménagement numérique du territoire dont j’ai souvent parlé ici.

Il y ajoute un éditorial, auquel j’adhère, et qui rejoint le billet précédent sur Zevillage. Nous vivons selon des concepts anciens, sur des habitudes de management et d’investissement archaïques. Même les mots de télétravail et de télécentre trahissent des conceptions dépassées qui datent de l’époque où les insfratsructures et le débit n’étaient pas décentralisés.

Des concepts qui ignorent les aspects de collaboration, de groupe et d’intelligence collective.

Les nouveaux usages, les nouvelles formes de collaboration et d’échanges impliquent une prise de conscience des pouvoirs publics pour investir dans des réseaux à très haut débit qui permettront l’accès au savoir, aux échanges, aux soins pour tous. En ville, le très haut débit arrivera par la grâce du marché. Mais en milieu rural, un regroupement privé-public est indispensable si nous ne voulons pas accroître l’écart ville-campagne :

” Il arrive au réseau ce qui est arrivé à l’ordinateur individuel. Le
temps des stations de travail sophistiquées des laboratoires est loin
derrière nous. L’ordinateur du jeune qui joue, du grahiste ou d’un
amateur de création vidéo surpasse celui de l’ingénieur, du cadre
d’entreprise ou du webmatser de l’institution.

Un particulier à Paris dispose pour 30 à 50 € par mois d’une offre
proche de celle de l’université de Bretagne Occidentale pour ses 15 000
étudiants. L’ifremer, principal centre européen de recherche sur la mer
ne disposait fin 2006 que de 40 Mb pour 40 000 € par an !

Réduire l’écart exhorbitant des coûts entre territoires (plus d’un
facteur 100) , se soucier des laissés pour compte de l’accès à
internet, faire exister une offre mutualisée accessible et accompagnée
dans l’habitat social, veiller à la mise en place de fourreaux et de
fibres lors d’aménagement et de réhabilitation, en dresser la
cartographie, mutualiser les fourreaux ET aussi accompagner le
développement des usages, s’ouvrir aux nouvelles cultures
collaboratives, rendre public les données public …”

Je parle souvent ici de très haut débit et du travail de sensibilisation que nous menons avec mes amis du collectif Très haut débit pour tous. Car je suis convaincu que cette qualité des réseaux est le préalable indispensable aux développement usages de manière équitable sur tout le territoire.

Mais le vrai intérêt du très haut débit ce sont les usages qu’il permet.

Beaucoup de temps est perdu dans la campagne électorale avec des sujets insignifiants et des petits jeux partisans. Si nous pouvions en profiter pour faire sortir ce thème de l’aménagement numérique au service des nouveaux usages ce serait une bonne chose.