Marino Manca est tailleur de pierre. Auparavant, il était cadre chez un constructeur automobile pendant 30 ans avant de se rendre compte que sa vie n’avait pas beaucoup de sens. Projets enthousiasmants, responsabilités, horaires à rallonge, déplacements fréquents mais plus de vie.

Au bord du burn out, il décide de radicalement changer de vie, de quitter sa multinationale pour s’installer à la campagne et changer de métier. Histoire d’une reconversion réussie.

 

Au bout de 30 ans chez un constructeur automobile, Marino Manca avait réalisé une belle carrière. Il était cadre et pilotait une startup interne consacrée à la formation des salariés du groupe.

Une vie qui n’avait plus de sens

Mais il ne supportait plus sa vie et prend, petit à petit, conscience que sa vie n’avait pas pris le sens qu’il voulait lui donner au début de sa carrière. Une prise de conscience arrivée par l’extérieur, par sa femme et par ses enfants qui ne le supportaient plus. Il était devenu insupportable, irascible et aigri. Il était pressé de toutes parts, il n’en pouvait plus. Cela n’allait plus et, apparemment, il était devenu invivable. Au bord du burn out sans en être conscient.

Pourtant, il avait essayé de se donner une bonne vie, avait déménagé avec sa famille dans une grande maison à la campagne en région parisienne.

Il a réfléchi et s’est aperçu qu’il ne supportait plus la pression de la région parisienne, les transports, la pression à l’intérieur de l’entreprise, la vie même de l’entreprise. Une entreprise familiale au début de sa carrière, elle est devenue un groupe international coté en bourse, avec des usines partout dans le monde. Tout se dégradait et le groupe est devenu pour lui un univers de guerre, une compétition interne pour réussir les objectifs. Et puis, il n’y avait absolument plus d’entraide, d’esprit familial. Et chaque fois qu’on arrivait à faire un pas à la fin de l’année, l’année suivante, il fallait en refaire un autre de plus. Donc, une pression importante sur l’ensemble du personnel.

Marino Manca - Tailleur de pierre N&B

Choisir : changer de vie ou burn out

Pourtant, il avait un travail passionnant, un métier unique dans un groupe de plus de cent mille personnes. Mais le contexte de travail le gênait de plus en plus. Et quand il s’est aperçu qu’il lui restait encore 15 ans à travailler, il s’est dit qu’il ne tiendrait jamais à ce rythme-là.

Marino s’est rapidement aperçu qu’il n’était pas seul dans son cas. Il y avait énormément de gens qui attendaient la retraite ou qui jouaient au loto pour essayer de trouver des solutions financières pour partir, qui cherchaient des solutions et qui se plaignaient. Mais qui ne savaient pas quoi faire ou n’avaient pas pris les choses à bras le corps.

Lui avait la chance d’avoir des passions en dehors de son travail. Il adorait l’architecture, la construction, la pierre, l’art. Une direction qu’il aurait pu prendre plutôt que d’entrer dans l’automobile. Il avait bien le projet de faire de l’ébénisterie mais ses parents ont refusé parce que l’école était à Paris, et qu’ils n’avaient pas les moyens. Fils d’ouvrier, partir à Paris c’était partir au bout du monde.

Marino réussit à négocier au sein de l’entreprise un cinquième de temps libre pour se former. Et il se laisse trois ans pour mener le projet à bien et partir.

Il s’inscrit à l’école Boulle en cours du soir. Cours de modelage, d’ornementation, de dessin d’ornementation dans une école dédiée au bois ou aux métiers d’art et il a transposé ces fondamentaux-là dans la pierre. Deux fois par semaine, le soir, il partait suivre ses cours après le travail et il rentrait chez lui à une 1h du matin. Le lendemain, à 7h, il était au bureau pour faire son boulot.

Au bout de deux ans, Marino trouve ses premiers clients pour ses sculptures de pierre, monte une micro-entreprise et décide de déménager dans le Perche, dans l’Orne où le paysage est joli et où il existe un habitat traditionnel en pierre.

Marino Manca ne regrette rien

Pour des raisons qu’il explique en détail dans le podcast, Marino s’aperçoit qu’il est très difficile de vivre juste avec une activité de sculpture sur pierre.  Et il passe de la sculpture sur pierre à la paille de pierre et va poser chez ses clients.

Marino avoue avoir « galéré » dans ce changement de vie. Mais si son parcours était à refaire, il le referait quand même. Et il recommanderait aux autres de le faire, d’oser.

Pour se donner du courage, il avait placé dans son agenda un texte de Goethe qui illustre ce propos.A chaque fois qu’il prenait son agenda pour partir en réunion, il avait le texte de Goethe devant lui. Et le temps que la réunion se lance, il disait le texte.

Ce qui ne retirait pas la peur d’échouer avoue-t-il : « S’il n’y a pas de peur d’échec, ça veut dire qu’on est inconscient. Elle est motrice, cette peur de l’échec. Il faut absolument qu’il en ait une. Sinon, je ne pense pas que cela fonctionnerait ».

Site web de Marino Manca (en cour de construction)Au pied du mur

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