Selon le syndicat CFE-CGC, le groupe de BTP Eiffage a signé en septembre un accord sur le travail à distance. Un accord qui s’étend à toutes les filiales françaises du groupe et prendra effet au 1er janvier 2020. Une bonne nouvelle dans un secteur d’activité très lié au « terrain » et où le télétravail n’était pas forcément bien compris. Mais chez Eiffage, comme ailleurs, beaucoup de métiers sont « télétravaillables ». Détails de l’accord d’entreprise.

Travail à distance dans un site du groupe

Dans son préambule, l’accord d’entreprise chez Eiffage (64 000 salariés) reconnaît les bénéfices liés à l’exercice du télétravail et prend en compte la « demande sociétale, économique et environnementale » pour expliquer la mise en place de ce mode de travail « lorsqu’il est possible ».

L’accord définit ensuite les différentes formes du travail à distance en privilégiant le travail à distance sur un autre site du groupe, le plus proche de son domicile. Une priorité qui peut être vue comme de la méfiance vis-à-vis de l’autonomie du salarié mais qui compte aussi des vertus. En effet, se retrouver dans le contexte de travail de l’entreprise, avec un environnement de travail sécurisé peut rassurer des salariés timides face au télétravail à domicile. Du corpoworking en quelque sorte.

Le télétravail à domicile n’est autorisé que lorsqu’il n’existe pas de site du groupe à proximité du lieu d’habitation du salarié. Ou si des considérations personnelles, comme un handicap, le justifient.

Enfin, le travail à distance est autorisé pour tous les salariés, sans conditions d’ancienneté ou de type de contrat, en cas de circonstances exceptionnelles : pandémie, grève, pic de pollution, intempéries. Il est mis en oeuvre à le demande du salarié ou de l’employeur par un simple mail ou un appel téléphonique.

Le télétravail pour qui ?

Classiquement, l’accord sur le travail à distance précise les conditions d’accès. Sur la base du volontariat, comme prévu dans la loi et le code du travail, mais aussi réservé aux CDI et aux CDD avec au moins 12 mois d’ancienneté dans le groupe.

Le salarié devra être autonome pour pouvoir télétravailler, et son poste devra être « télétravaillable », compatible avec le travail à distance. Le poste devra donc pouvoir être exercé à distance, une adéquation qui sera validée par les managers du salarié.

L’accord prévoit aussi que le nombre de salariés en télétravail dans un service et leur répartition dans les jours de la semaine sont des critères pris en compte dans la compatibilité du poste avec le travail à distance. Toujours cette grande angoisse du manager qui craint de se retrouver seul au bureau à gérer à distance ses télétravailleurs… Rassurons-le, dans les faits le risque est faible !

Comment s’organise le travail à distance chez Eiffage

Autre point important fixé par l’accord, l’organisation du télétravailleur pendant sa journée hebdomadaire (durée maximale autorisée) de travail à distance. Il devra être joignable grâce à sa messagerie électronique, son outil de chat/conférence Skype qui devra être activé ainsi que par son téléphone portable si l’entreprise l’en a équipé.

A noter que les jours télétravaillés ne peuvent pas être le lundi ou le vendredi. Une restriction très classique, au moins dans un premier accord, qui traduit une peur irrationnelle de voir le salarié allonger son week-end…

Enfin, l’accord précise la gestion des cas particuliers (travailleurs handicapés, femmes enceintes, mi-temps thérapeutiques…), les conditions d’utilisation du matériel de l’entreprise et de protection des données ainsi que les modalités de suivi de l’accord entrant en vigueur au 1er janvier 2020 pour une durée indéterminée.

Télécharger l’accord Travail à distance d’Eiffage
sur le site de la CFE-CGC (PDF)

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