Le prospectiviste André-Yves Portnoff vient de publier dans la livraison de mars 2011 de la revue Futuribles un article intitulé Les entreprises au défi de l’ubiquité. Dans ce texte, il explique en quoi un management trop taylorien s’oppose aux aspirations des salariés à une flexibilité apportée par le “travail hors les murs de l’entreprise”.

Des salariés qui admettent de plus en plus difficilement de ne pas disposer au travail des outils auxquels ils ont accès dans leur sphère privée. Pourtant, le monde du travail a changé :

“Le débat n’est plus entre travail dans les murs de l’entreprise ou ailleurs, mais entre acceptation ou négation d’une réalité qui est en train de s’imposer rapidement : nous somme (presque) tous constamment connectés, où que nous soyons, à toute heure, aux réseaux numériques, à Internet qui intègre la téléphonie et la télévision.”

Pour illustrer son propos, Portnoff s’appuie sur plusieurs études récentes qui montrent l’aspiration des salariés au travail à distance et leurs usages des technologies n’importe où et n’importe quand.

Il commente ainsi, entre autre, l’étude Cisco qui prouve que les salarié préfèrent la flexibilité du télétravail à une augmentation de salaire de 10%, l’étude Citrix qui chiffre les bénéfices du télétravail et le Rapport sur le développement du télétravail dans la société numérique de demain du Centre d’analyse stratégique (CAS) que nous avons tous 3 commenté sur Zevillage.

La conclusion que tire Portnoff de la lecture de ces études est que la notion d’unité de lieu et de temps ne s’applique plus au travail devenu pour l’essentiel immatériel :

“Il y a désormais 3 temps de travail, celui classique de présence collective intra-muros ; celui de collaboration à distance, quel que soit le lieu ; celui enfin du jaillissement des idées, totalement non programmable et que les contraintes stérilisent. Or, c’est ce dernier temps qui est décisif pour la compétitivité.”

(Merci à Samuel Gautier du signalement)