Quelques précisions à propos de l’affaire de l’AOC du Camembert Normand.

Xavier, Normand pendulaire, me signale l’article de ce matin du Figaro qui confirme que Lactalis et Isigny auraient bien fait une demande officielle à l’Institut national des appellations contrôlées pour faire modifier les critères de l’AOC.

Un article qui confirme également que l’excuse du risque sanitaire avancée par les industriels ne tient pas :

Pascale Briand, directrice de l’agence française de sécurité sanitaire des produits alimentaires est catégorique : « Il ne s’agit pas d’une question relative à un problème de sécurité sanitaire ! C’est une stratégie de choix commerciaux. Aujourd’hui, la filière du lait cru est sécurisée par les bonnes pratiques et le cahier des charges.

Enfin, Eric Pouillé, directeur d’Univers fromage, précise dans les commentaires de mon précédent billet quelques chiffres intéressants :

(…) le camembert au lait cru de Normandie représente 12% de la pruction
nationale de camemberts. Ce qu’il faut savoir, en outre, c’est que les
marques Lanquetot et Lepetit, propriétés de Lactalis et la marque
Isigny représentent, à elles 3, 9500 des 12500 tonnes de camemberts de
Normandie fabriqués l’année dernière.

De plus, même si la production de fromages au lait cru ne représente
que 18% de la production globale, elle est pratiqué par des milliers de
petits producteurs qui, avec leurs spécialités, constituent le
véritable patrimoine fromager français et se retrouveraient sans emploi
si le lait cru était abandonné ou refusé d’être commercialisé par la
grande distribution qui, suite aux démarches de Lactalis, se pose la
question.

Enfin, il faut se demander jusqu’où Lactalis compte aller; car cette
société possède, dans sa gamme, 42 des 43 AOC fromagères françaises
actuellement sur le marché.”