Le statut d’auto-entrepreneur, lancé au 1er janvier 2009, est un succès national : 20 000 inscrits en 2 semaines alors que le gouvernement table sur 200 000 adhérents en 2009.

Ce statut permet de créer très facilement une activité pour un chiffre d’affaire plafonné à 32 000 € HT pour les activités de service et 80 000 € HT pour une activité à caractère commercial (achat-revente). Pas vraiment une innovation donc mais un simple habillage du régime de la micro-entreprise.

Ce nouveau régime d’entreprise est simple à mettre en oeuvre puisqu’il suffit de se déclarer sur le portail créé par le gouvernement (2/3 des inscriptions) ou via le réseau consulaire. Les charges ne sont prélevées que si du chiffre d’affaires est engendré et elles sont plafonnées autour de 20% des recettes puisque le statut d’auto-entrepreneur est réservé à des gens bénéficiant d’une couverture sociale par ailleurs (salariés du privé ou du public, chômeurs, retraités).

Cette opération est donc un succès car elle a pris en compte, pour les lever, les blocages à la création d’activité : pas de formalités, pas de charges forfaitaires, simplicité de fonctionnement. Ce nouveau statut offre donc un cadre simple pour tous ceux qui souhaitent compléter leurs revenus, travailler plus pour gagner plus.

Mission accomplie pour ce statut qui réintègre dans le giron des caisses de l’Etat et des organismes de protection sociale la foule des vendeurs sauvages d’eBay, les bricoleurs du dimanche ou des fonctionnaires adeptes des petits boulots d’appoint.

Mais ce nouveau dispositif va-t-il favoriser la création d’entreprises pérennes porteuses d’emploi ? Rien n’est moins sûr.

Il y a une grosse différence entre créer une structure pour un travail d’appoint et prendre le risque d’une création principale d’activité. Et la différence réside justement dans le “risque” qu’on accepte de prendre dans une création d’entreprise, petite ou grande. Sans compter que la protection sociale du statut d’auto-entrepreneur est mauvaise car elle est faite pour des gens qui sont déjà couverts par un autre statut.

Et, comme l’explique Nathalie Blanco dans ce témoignage (merci Mike pour le lien), créer une entreprise ne se limite pas à régler quelques problèmes juridiques et fiscaux. Même si elle a choisi l’auto-entrepreneuriat.

Enfin, une entreprise est destinée à se développer et le nouveau statut n’arme pas le créateur pour cela. Limiter les ambitions des créateurs à un CA de 32 000 € annuels, soit environ 2000 €/mois de revenus une fois les charges payées, est plutôt restrictif.

D’autant que, dans le même temps, ce statut soulève des objections de la part des entreprises “normales” qui subissent une concurrence déloyale puisqu’elles payent les charges “plein pot”.

Que faire alors si la création d’activité vous démange ? Si ce n’est pas du complément d’activité, que vous souhaitez créer votre emploi (voire plus) mais que l’incertitude vous fait peur, optez pour le portage salarial qui conserve l’esprit entrepreneurial, vous donne le temps de voir en restant souples vis-à-vis des évolutions de votre activité.