Pourquoi des tiers-lieux en réseau ? Les espaces de coworking et autres fablabs fleurissent sur l’ensemble du territoire. On en compte plus de 1 800 aujourd’hui selon le rapport de la Mission coworking menée par Patrick Levy-Waitz.

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Chaque territoire, souvent à l’initiative d’une collectivité, lance un lieu afin d’offrir la possibilité aux freelances et autres créateurs d’entreprises d’être hébergés dans un mode collectif qui répond bien aux aspirations des nouveaux entrepreneurs.

Au-delà de l’offre d’hébergement c’est bien une communauté d’entrepreneurs qu’il faut créer.

Projet beaucoup plus complexe, d’autant que cette communauté devra ” habiter ” le lieu c’est à dire, en être l’animatrice ou, à minima, la principale co-animatrice avec le porteur institutionnel.

Dans un  livre blanc, Numa et l’Atelier BNP-Paribas caractérisent cette communauté d’insoumise. On le verra dans un prochain article, ce terme est la clé. Mais revenons au territoire et aux tiers lieux lancés en grand nombre.

Pour que chaque lieu, et donc chaque communauté, prospère et que le territoire en tire le profit maximal, il devient de plus en plus vital d’organiser la mise en réseau des lieux et donc, des communautés.

Plus que des concurrents, les tiers-lieux voisins sont des amplificateurs pour votre (et leur), attractivité ! 

Pas facile lorsque les tiers-lieux sont portés par des institutionnels différents, des entrepreneurs ou des associations qui n’ont pas les mêmes objectifs, les mêmes degrés de liberté…

Pourtant le jeu en vaut la chandelle :

  • multiplier les opportunités de collaboration pour les coworkers, afficher une activité élargie aux tiers-lieux voisins
  • parer au syndrome des tiers-lieux vides et des communautés fantômes… très répandus !
  • atteindre une masse critique assez attractive pour attirer les partenaires financiers
  • constituer la communauté des néoEntrepreneurs du territoire

Un coworker qui pousse la porte d’un espace doit pouvoir, en réalité, être accueilli dans une communauté plus grande encore. Sinon il repartira en estimant qu’on ne coworke pas seul…

Cela implique :

  • la mise en place collectivement, d’un programmes d’activité consolidé au bénéfice de chaque organisateur qui s’adressera à un public potentiel plus large,
  • l’affichage en live et interactive de la vie de la communauté élargie
  • la possibilité, s’il le souhaite, pour le coworker de partager son profil et sa compétence à l’échelle du réseau des tiers-lieux pour accroitre sa visibilité
  • l’animation la plus souple et peu intrusive possible, d’un réseau des animateurs quelques soient leurs statuts, afin de susciter les collaborations entre communautés de tiers-lieux
  • susciter les collaborations avec les acteurs clés du territoire ou voisins (universités, entreprises du territoire, écoles de la seconde chance, associations d’entrepreneurs…)
  • que la réalité du réseau est à construire en fonction du territoire.

Un nouveau métier du développeur économique

Demain les développeurs économiques, confrontés à l’arrivée massive des acteurs privés devront assurer une cohérence dans la stratégie du territoire en rendant efficace l’ensemble des actions combinées des acteurs, publics et privés.

Université, laboratoires de recherches, entreprises, réseaux économiques, accélérateurs privés d’entreprises, coworking privés ou associatifs, fabLabs, hacker houses… ils devront maitriser les concepts de ces nouveaux lieux, de ces nouvelles dynamiques pour les mettre en musique tout en conservant l’insoumission de ces acteurs.