J’ai été entendu hier dans le cadre de la Mission sur le développement du télétravail menée par le député lozérien Pierre Morel à l’Huissier, assisté de Jean-Claude Barrois (contrôleur général, représentant le Minéfi) et Christian Gal (inspecteur général, représentant le Ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement).

Pierre Morel s’est manifesté plusieurs fois sur ce sujet du télétravail, dans une proposition de loi visant à facilier l’embauche de personnes handicapées grâce au télétravail et dans une autre déposée au moment de l’adoption en droit français de l’accord interprofessionnel européen fixant le cadre juridique du travail à distance.

Outre une bonne connaissance du dossier, mes interlocuteurs ont manifesté le désir de ne pas refaire un ènième état du télétravail en France mais de se concentrer sur la manière de le développer. Sans éviter les questions iconoclastes : “Est-ce utile de développer le télétravail” ou “N’avons-nous pas déjà un métro de retard en parlant de télétravail ou de télécentres” ?

Ma conviction est que le télétravail n’est pas une fin en soi et que le développer ne créera pas d’emploi. Cela permettra aux gens qui adoptent ce mode d’organisation de vivre mieux, d’économiser du temps de déplacement, d’améliorer leur productivité et de vivre là où il le souhaitent (ou presque).

Cela aidera également aux entreprises de ne pas rester à l’écart pour travailler avec des partenaires, des clients ou des fournisseurs qui fonctionnent déjà de cette manière.

Développer le télétravail demandera donc un important travail de pédagogie. Vers les élus qui ne sont pas toujours conscients de ce qu’il peut leur apporter ni des besoins des télétravailleurs (en réseau haut débit de qualité par exemple).

Mais surtout un travail de pédagogie en faveur des dirigeants et des cadres d’entreprise pour qu’ils voient en quoi le tététravail peut être bénéfique pour la productivité et le bien-être de leurs salariés. D’autant qu’il n’existe plus aujourd’hui aucun obstacle juridique à la création d’avenants aux contrats de travail des salariés pour qu’ils puissent travailler à distance de leur entreprise.