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L’entreprise en réseau, innovation des entreprises gagnantes

L’entreprise en réseau est une évolution qui permet aux entreprises de s’adapter aux nouvelles exigences d’un environnement chaotique et incertain. Mais ce mode d’organisation ne peut se mettre en place que si l’entreprise accepte de redistribuer son pouvoir et de fonctionner dans la transparence. Exemple de la création d’une entreprise en réseau, les Propulseurs.

Corée du Nord

La part complexe et la valeur ajoutée du travail des entreprises se déplace à leur périphérie, là où elles sont en contact avec l’extérieur, avec les autres. Cette observation de Harold Jarche met en évidence les adaptations que doivent réaliser les organisations pour être plus réactives et être capables de résister à un environnement flou, chaotique.

Cette adapation c’est le passage au l’entreprise en réseau. En réseau à l’intérieur de l’organisation (management transversal, travail collaboratif, télétravail…) et en réseau avec ses partenaires et avec ses clients.

Des organisations agiles et apprenantes

Leux de travail en réseau

Leux de travail en réseau (illustration Harold Jarche)

Comment fait-on pour atteindre cet objectif ? On commence par transformer sa gouvernance et son mode de fonctionnement. Jarche résume ces changements en deux points : la distribution du pouvoir, qui repose sur la confiance, et la transparence.

 

Distribuer le pouvoir permet de faire jouer le principe de subsidiarité. Celui qui est proche du problème doit posséder le pouvoir de le régler. Plus efficace et plus rapide que de monter puis de redescendre la voie hiérachique pour bouger un petit doigt.

Le levier de la confiance

Or, ce pouvoir ne peut se partager que sur la base de la confiance et pas sur un mode autoritaire. Seule la confiance permettra l’autonomie là où le contrôle à priori bloque la prise de décision. Seule la confiance assurera au salarié que ses erreurs ne seront pas considérées par son manager comme des fautes mais comme des occasions d’apprendre.

Sans confiance comment autoriser ses salariés à télétravailler par exemple ? Or, le télétravail est un indice du degré d’adoption du mode « travail en réseau » par l’entreprise.

La transparence est l’autre pilier de la transformation vers le lieu de travail en réseau. Elle permet à chacun de connaître et de comprendre en temps réel ce que font les autres membres de l’organisation.

Elle permet de partager ses erreurs pour les corriger et de mettre ainsi en place un processus auto-apprenant. Plus simple à dire qu’à faire.

L’entreprise en réseau, pour les PME aussi

On voit bien comment ces exigences de partage du pouvoir et de transparence sont un défi pour les grandes organisations. Et comment cette révolution vient se heurter à la culture du command and control, de l’organigramme, du titre et de la place de parking réservée.

e-pointeuse

J’ai été saisi de voir au récent salon des solutions RH à Paris que des entreprises vendaient encore des pointeuses. Des e-pointeuses, certes, mais des contrôleuses du temps de travail quand même. Comme si la valeur ajoutée du salarié reposait sur son temps de travail et pas sur la qualité de son travail, sur son imagination et sur ses capacités à innover.

Mais le travail en réseau est aussi un défi pour les petites structures, les PME voire les TPE ou les indépendants qui ne subissent pourtant pas les lourdeurs hiérarchiques des grandes organisations.

Les petites structures ont beaucoup à gagner à se structurer en réseau. Malheur à l’homme seul : on n’innove pas et on s’adapte moins bien à l’environnement quand on est isolé et tout petit.

Les Propulseurs : petits, innovants, agiles et puissants à la fois

Mais comment résoudre la quadrature du cercle quand on est petit : grossir pour être plus puissant, pour être plus innovant, pour capter des clients plus importants, pour conserver sa valeur ajoutée et ne pas se faire enfermer dans des tâches simples de sous-traitance où l’on regarde fondre ses marges ? Mais augmenter de taille engendre de nouveaux problèmes de structure.

Un problème qui nous est apparu insoluble avec mes amis quand nous réfléchissions à une association. Mais créer une nouvelle entreprise était contraignant et engendrait des formes de collaborations hiérarchiques dont aucun de nous ne voulait.

Nous avons donc décidé de créer un groupement d’entreprises numériques, les Propulseurs. Cette forme d’association en réseau est souple et repose sur une gouvernance simple : confiance et transparence.

La confiance est le préalable, renforcée par l’expérience de missions en commun. Chacun travaille seul ou associe d’autres membres du réseau dans ses missions. D’autres projets peuvent être menés en commun.

Logo des Propulseurs

Peu de coûts fixes, peu de coûts de structure, beaucoup de réactivité et des échanges permanents par tous les outils de travail collaboratif à distance : chat, visio, téléphonie, Twitter, partage de documents et même l’usage de mails. Ainsi que quelques rencontres régulières avec ceux qui travaillent régulièrement dans le coworking CommunitySpace.

La transparence est assurée par le partage en temps réel des documents liés au missions communes (devis, agendas, contacts, etc.) et le compte rendu de l’avancement des projets. La communication et le portefeuille clients sont mis en commun sous une marque commune, sans obligation et sans exclusive.

Associer des indépendants en réseau n’est pas nouveau. Associer des structures indépendantes dans un collectif de travail de manière aussi intégrée, si.

La meilleure façon de prôner le développement de l’entreprise en réseau était de nous appliquer cette expérimentation à nous-mêmes. Et nous vous donnerons des nouvelles de notre vie en réseau, bien-sûr.

(photo de Corée du Nord par Christianrangen)

À propos Xavier de Mazenod

Fondateur de la société Adverbe spécialisée dans la transition numérique des entreprises et éditeur de Zevillage.

31 plusieurs commentaires

  1. La confiance serait si je ne devais retenir qu’un mot celui que je placerai en tête des recommandations.
    Les outils et la maitrise des systèmes (par la formation) étant bien entendu le minima requis pour « réseauter ». La Valeur ajoutée du travailleur « isolé » ou « en réseau » étant directement liée à la disponibilité de ses outils !
    Quant à l’organisation « adéquate » j’ose dire que la TPE est aussi efficiente que le groupe industriel, étant considéré que l’adaptation et la réactivité ne sont aucunement liées à la taille ni aux moyens mais à la volonté de répondre « mieux » au marché (au client)
    @ votre service; Bien Cordialement.. Philippe

    (informatiser n’est pas et ne sera jamais organiser)

  2. Article très intéressant et approche du travail en réseau aujourd’hui de plus en plus partagée par les PME. Un article intéressant sur le sujet :
    http://www.consulendo.com/PME-travaillez-en-reseau.html

  3. Merci Corinne.

    Pas surprenant : l’auteur, Denis Ettighoffer était présent fin 2004 à Alençon au coloque que j’avais monté au conseil général sur le développement économique avec le télétravail.

    C’est lors de ce colloque que nous avons annoncé le lancement de l’appel à projet de la DATAR pour la création de télécentres (déjà…) et le Réseau national des télécentres.

    Les usages et les tiers-lieux ont bien évolué depuis ce temps et les notions de coworking ou d’organisation en réseau sont apparues.

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