Moins de 5% des dirigeants des sociétés côtés sont des femmes. A ce rythme, il faudra 100 ou 200 ans pour arriver à la parité selon l’Organisation internationale du travail (OIT) qui vient de publier un rapport sur la place des femmes dans les emplois de direction: Femmes d’affaires et femmes cadres : une montée en puissance à télécharger (PDF, 3,7 Mo).

L’accès des femmes au plus haut sommet de la hiérarchie demeure encore aujourd’hui une gageure, au vu des données chiffrées publiées par l’OIT dans un rapport daté du 12 janvier. Ainsi, moins de 5 % des dirigeants des sociétés cotées en bourse sont des femmes. En France, aucune femme n’est à la tête d’une entreprise du CAC 40.

Rapport OIT parité hommes-femmes

Au niveau de l’Union européenne, ce sont à peine 2,8 % de femmes qui peuvent se prévaloir d’une telle fonction. La place des femmes dans les conseils d’administration est également largement minoritaire.

Seuls quatre pays sur les 44 analysés, font état d’un pourcentage de femmes membres de conseil d’administration supérieur à 20 (Finlande, Norvège, Suède et Royaume-Uni). En France, les femmes représentent entre 10 % et 20 % des membres de ces conseils. « Si rien n’est fait, il faudra de 100 à 200 ans pour parvenir à la parité dans les hautes sphères », selon Deborah France-Massin, directrice du bureau des activités pour les employeurs de l’OIT.

Un « plafond de verre » difficile à briser

Plusieurs raisons sont avancées par l’OIT pour expliquer la faible présence des femmes dans les emplois de direction. La première est la concentration des femmes dans certaines fonctions d’encadrement (RH, relations publiques et communication, finance et administration). Les expériences d’encadrement des femmes ne sont ainsi pas assez diversifiées, ce qui les empêche de gravir les échelons au-delà d’un certain niveau de la pyramide hiérarchique.

Marissa Mayer, PDG de Yahoo, une des rares femmes à un poste de direction.
Marissa Mayer, PDG de Yahoo, une des rares femmes à un poste de direction.

En second lieu, l’OIT a recensé les obstacles empêchant les femmes d’accéder aux postes de direction déclarés par les entreprises des pays appartenant aux régions en développement. Pour celles d’Europe centrale et orientale, les trois principaux obstacles sont le poids des responsabilités familiales, qui pèse davantage sur les femmes que sur les hommes, l’absence d’incitation des hommes à prendre des congés familiaux et l’absence de stratégie visant à maintenir en fonction les femmes qualifiées.

Recommandations

« Nos recherches montrent que le taux d’activité toujours plus élevé des femmes a été le principal moteur de la compétitivité et de la croissance mondiales », indique Deborah France-Massin, qui ajoute qu’« un nombre grandissant d’études montre aussi la corrélation positive entre la participation des femmes aux équipes et aux structures dirigeantes et la performance des entreprises ». Selon l’OIT, les entreprises ont un rôle à jouer pour favoriser la présence des femmes aux postes de direction.

Parmi les pistes d’actions qu’elle leur présente, l’OIT suggère notamment :

  • d’offrir des conditions de travail plus flexibles pour gérer les obligations professionnelles et familiales (horaires et lieu et télétravail)
  • de faciliter les solutions de garde d’enfants, ce qui peut constituer une plus-value pour attirer des compétences et les garder
  • d’adopter des politiques de lutte contre le harcèlement sexuel
  • de mettre en place des programmes de réinsertion après une interruption de carrière
  • d’inciter les salariés de sexe masculin à s’engager dans leur vie familiale (congés, horaires de travail, etc.)
  • de veiller à confier des tâches, responsabilités et projets complexes et visibles aux jeunes femmes
  • d’instituer des systèmes de parrainage jusqu’aux postes de direction
  • de nommer des femmes cadres dirigeants à des postes stratégiques.

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(Via Fil AFP-Liaisons sociales – Photo Fortune)