Après une période de toujours plus, les sociétés occidentales semblent frappées d’indigestion et donc aspirer à une cure d’amaigrisement : moins de possessions, moins de vitesse, moins de complexité, moins de relations, moins de nourriture, moins d’information. Moins mais mieux. La demande de télétravail s’inscrit dans ce mouvement.

« La propriété est un piège : ce que nous croyons posséder nous possède » écrivait Alphonse Karr cité dans le N° 3 du trimestriel « Les dossiers de psycho et développement personnel ». Un numéro spécial titré Simplifier sa vie, très révélateur des aspirations actuelles.

Les dossiers de psycho et développement personnel

Small redevient beautiful, on parle de sobriété heureuse, de frugalisme ou de simplicité volontaire pour donner un sens à sa vie. Et ce serait une erreur de croire que ces mouvements comme le slow food, l’éloge de la lenteur ou de la gentillesse se limitent à des sphères bobos.

Décroissance : les soviets moins l’électricité ?

On parle même parfois de décroissance qui vaut mieux que ses partisans dont l’intégrisme consiste à taper sur leurs plus proches amis jamais assez parfaits. Ils sont volontiers partisans d’un changement autoritaire là où l’exemplarité serait beaucoup plus efficace et plus en accord avec leur philosophie.

L’idée n’est pas neuve. On retrouve ces aspirations à plus de frugalité dans les courants spirituels ou religieux, boudhistes ou chrétiens, traditionnellement plus à l’aise avec l’ascèse qu’avec le bonheur par la possession.

Je ne sais pas si la décroissance est une mauvaise réponse à une bonne question. Et c’est un autre sujet que vous pouvez creuser avec le livre engagé de Paul Ariès ou avec cette bonne synthèse. Mais le fait est là : continuer est suicidaire. Une fois la peur de la crise passée, les mauvaises habitudes reprennent le dessus et l’on reparle de PIB ou de PNB dont on sait, au moins depuis le livre de Jimmy Goldsmith, qu’il faudrait leur substituer un Bonheur national brut.

Le bonheur n’est plus dans le prêt

La vie a crédit (des individus, des entreprises mais aussi des Etats) a bien encouragé cette fuite en avant vers plus de satisfaction immédiate de besoins insatiables. Elle a accompagné le développement de la société de consommation de masse.

Mais celle-ci a vécu car la quantité a été acquise au détriment de la qualité. Et la réponse à la disette s’est transformée en obésité. Il faudra bien apprendre à se libérer de l’hyperconsommation.

Tous les symboles de la société de consommation de masse sont frappés. La télévision, vecteur de la publicité de masse et l’automobile, emblèmes de cette civilisation, sont déjà touchées et aucune prime à la casse ne les sauvera.

La relance économique ne passera pas par le retour de la consommation de masse. Peut-être même pas par la “consommation verte”, triste bouée qui sent bon le greenwashing. Même si la découverte de la consommation par certains anciens pays sous-développés peut nous laisser croire le contraire.

Tous auto-entrepreneurs et écologistes ?

Le télétravail au service d'une meilleure qualité de vie
Le télétravail au service d'une meilleure qualité de vie

Le progrès, le développement passeront par une croissance respectueuse des aspirations et des valeurs décrites plus haut.

Et par une vie économique qui laisse plus de place à l’autonomie et à la liberté d’entreprendre, aux petites structures et à la souplesse.

Pour rester dans les symboles, le ministère de l’Economie et des Finances, qui traduit nos choix économiques, représente parfaitement le contraire de ces orientations : la vie économique est centrée sur les grandes entreprises. A tel point qu’on pourrait le rebaptiser ministère du CAC 40.

Il se trouve que le télétravail, qui n’est qu’un mode d’organisation, porte avec lui beaucoup de ces aspirations. Il donne de l’autonomie et de la responsabilité dans son travail, il donne de la liberté pour choisir ses lieux de vie et de travail et engendre des bénéfices bien expliqués dans la vidéo ci-dessous.

Télétravailler pour un développement durable

Nous avons déjà beaucoup parlé dans Zevillage des bénéfices écologiques du télétravail, et notamment dans cet article, Le télétravail c’est bon pour la planète.

Dans cette vidéo Eric Parent, créateur de Climat Mundi, explique que les déplacements domicile-travail représentent une part très importante des émissions de gaz à effet de serre. Si nous voulons limiter notre dépendance aux énergies fossiles, réduire notre empreinte écologique et faire des économies nous devons donc réduire nos déplacements.

Le télétravail permet de réconcilier les 3 piliers du développement durable :

  • l’économique (économies pour l’entreprise et pour le salarié)
  • le social (moins de stress, plus de créativité, plus de bien-être)
  • l’environnemental (amélioration du bilan écologique par réduction des émissions de gaz à effet de serre)

Si vous me suivez dans mon raisonnement, prenez aujourd’hui la résolution de vous mettre au télétravail ou de le mettre en place dans votre entreprise. Et donnez des nouvelles.