Après une valse hésitation de plusieurs années, Bouygues Telecom vient de mettre en place le télétravail mais aussi une organisation en open space dans ses locaux, les flex office, qui ne font pas l’unanimité.

L’accord sur le télétravail chez Bouygues Telecom a été signé fin mai par les trois syndicats représentatifs (CFTC, CFDT et FO) et il prend effet début septembre.

« Au départ, la direction était réticente sur le sujet, rappelle Nicolas Faber, délégué CFTC. Les essais réalisés en 2011 sur une population restreinte l’ont convaincue de l’intérêt de la démarche. » Mais, est-il précisé en préambule du texte, le télétravail ne sera mis en place qu’après instauration du ” flex office “, les bureaux partagés, dans chaque service.

« Nous sommes contre le “flex office”, mais ce sujet n’était pas ouvert à la négociation ; la direction l’aurait mis en place de toute façon », précise Azzam Ahdab, délégué CFDT de Bouygues Telecom. Ne pas signer l’accord n’y aurait donc rien changé.

Pour Yves Lasfargue, expert en télétravail au cabinet Obergo, « détériorer les conditions de travail avec le ”flex office” est une manière de pousser les gens vers le télétravail ». Derrière ces nouveaux modes d’organisation, il y a la volonté d’une « gestion immobilière ­dynamique et optimale ». « La direction souhaite réduire sa surface de bureaux », ajoute le délégué CFDT.

Parmi les points débattus en négociation, la participation aux frais, plutôt modeste – 10 euros par mois sur l’abonnement Bbox – et les horaires de connexion, qui restent assez larges.

« L’accord aurait pu prévoir un droit à la déconnexion, disposition protectrice inscrite dans les accords Thales et Areva », note Yves Lasfargue. Autre point discutable : un des critères d’éligibilité est la performance du collaborateur, « comme si le télétravail était une récompense réservée aux bons éléments, ajoute l’expert. On sent que les dirigeants ne croient pas vraiment dans ce mode d’organisation du travail ».

La direction n’a pas souhaité commenter ces propos selon Liaisons sociales. On peut se demander pourquoi la DRH adopte une démarche si timide dans une entreprise qui possède tous les atouts pour développer massivement le télétravail : métiers technologiques et moyenne d’âge des salariés autour de 30 ans !

Télécharger l’accord télétravail de Bouygues Telecom

(source : AFP-Liaisons sociales)